Encore à l’état de projet, une possible liaison directe en TGV entre Lyon et Bordeaux soulève le mécontentement des Auvergnats, évincés du tracé. Localement, les associations d’usagers et les élus réclament une meilleure répartition des investissements pour permettre le retour d’un réseau transversal structurant.Pour l’heure rien n’est confirmé par la SNCF, mais la piste évoquée lors de réunions de travail n’est pas passée inaperçue. Selon La Nouvelle République, la direction de SNCF Voyageurs étudie la faisabilité d’un aller-retour, direct et quotidien, en TGV Ouigo entre Bordeaux et Lyon à l’horizon 2027. Depuis plus de 10 ans, il n’existe plus de trajet sans correspondance entre ces deux grandes métropoles. Il faut changer de gare à Paris.
Si la nouvelle peut en réjouir certains, la polémique enfle en Auvergne. Le tracé ne passerait pas par le Massif Central, pourtant situé entre les deux villes, mais par la région parisienne et plus précisément par la gare de Massy, dans l’Essonne. La liaison s'effectuerait ainsi via Saint-Pierre-des-Corps et Poitiers. La compagnie ferroviaire ne souhaite faire aucun commentaire, mais pour les Auvergnats, la pilule a du mal à passer.
Le collectif AuRail, qui réunit plusieurs organisations d’usagers, évoque un « scandale pour les territoires » et met en avant un calcul. Une liaison passant par Saint-Etienne, Thiers, Clermont-Ferrand et Tulle comptabiliserait 507 kilomètres, quand celui évoqué via Massy monterait à 930 km, soit presque le double. « Cette déviation va renforcer l’étoile ferroviaire parisienne au détriment des régions qu’elle ne traversera pas », souligne le collectif dans un communiqué.
« Ce n’est pas un bon signal. Cela montre un désintérêt pour les zones les moins peuplées. Nous subissons déjà ce
même déclassement avec la ligne Clermont-Paris. Or cette transversale serait très utile pour un trafic plus régional », souligne Julien Vannier, porte-parole du collectif des Usagers des trains d’Auvergne.
Manque d’investissement sur les lignes
Le principal handicap des lignes du territoire, c’est leur vétusté liée au manque d’entretien et d’investissement.