Le plan d’économies de 200 millions d’euros, annoncé par le géant de l'électroménager, est principalement constitué d’une réduction des achats. Mais les syndicalistes s’interrogent sur les réelles implications pour les employés.Le groupe SEB a récemment publié ses résultats financiers pour les neuf premiers mois de 2025, marqués par des chiffres en demi-teinte. La société affiche une stagnation à périmètre constant, mais un recul de 1,1 % par rapport à l’année précédente. Plus alarmant encore, le résultat opérationnel d'activité ressort à 267 millions d'euros, soit un recul de 39,4% sur un an.
Un signal préoccupant pour les investisseurs et les employés. Ce déclin est attribué à plusieurs facteurs, notamment l’attentisme des consommateurs aux États-Unis - où les ventes ont reculé de 14,4% en Amérique du Nord au troisième trimestre - et les impacts d’une législation douanière défavorable. Stanislas de Gramont, directeur général du groupe, a déclaré qu’il était « nécessaire de renouer avec une trajectoire de croissance durable. »
Pour y parvenir, SEB envisage un plan de retour à la rentabilité d’ici 2027 qui implique la mise en place d’économies récurrentes. « Nous avons quatre axes principaux : l’optimisation des structures opérationnelles, l’amélioration de l’efficacité industrielle, la simplification des processus et la réduction des achats », a-t-il précisé dans un communiqué de presse. Ces mesures, bien que nécessaires, laissent entrevoir une période d’incertitude pour les employés.
Des inquiétudes sur les sites de Bourgogne
Le groupe SEB possède plusieurs sites de production en France. En Bourgogne, les sites d’Is-sur-Tille et Selongey, qui emploient près de 490 salariés, sont inquiets. Is-sur-Tille s’est spécialisé depuis un an dans le reconditionnement, tandis que Selongey se concentre sur la production de produits électroménagers emblématiques tels que la fameuse cocotte-minute. C’est ce dernier qui préoccupe davantage les syndicats. « Le site de Selongey a du mal à atteindre ses objectifs de production. Pour être rentable, il faudrait produire 850 000 pièces, alors qu’actuellement, nous en sommes seulement à 643 000 pour l’année 2025 », souligne Franck Backes, délégué syndical central CGT des sites d’Is-sur-Tille, Selongey et Lourdes. Par ailleurs, l’absence de travailleurs intérimaires depuis quelques années dans cet établissement aggrave les craintes. « Ceci est un signe inquiétant. Une usine qui ne peut plus faire appel à des intérimaires indique un ralentissement de l’activité », ajoute-t-il. Patrice Héliot, secrétaire général du syndicat CGT, renforce l’inquiétude en évoquant des doutes quant à la transparence de la direction : « Nous avons appris ce plan par la presse, et il est essentiel que la direction soit claire sur les impacts réels pour les employés ». Ce manque de communication alimente les craintes de suppressions d’emplois et de réorganisations inévitables.