Le nombre de fermes bio a reculé pour la première fois en 2025 en Bourgogne-Franche-Comté
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

« L’agriculture biologique repose sur l’agronomie, l’autonomie et la sobriété »,
ORAB_BIOBFC
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

« L’agriculture biologique repose sur l’agronomie, l’autonomie et la sobriété »,
ORAB_BIOBFC
Le symbole est fort : en 2024, les surfaces agricoles biologiques de Bourgogne-Franche-Comté sont repassées sous la barre des 10 % de la surface agricole utile régionale. Selon l’Observatoire régional de l’agriculture biologique, au 31 décembre 2024, la région comptait 239 487 hectares bio ou en conversion, pour environ 3 600 fermes.
Mais derrière ce chiffre global se cache une dynamique nettement négative. Depuis 2022, 260 fermes se sont dé-certifiées, représentant près de 18 000 hectares retournés au conventionnel.
L’année 2025 a marqué un tournant supplémentaire. Pour la première fois, non seulement les surfaces reculent (–2,5 % en un an), mais le nombre total de fermes bio diminue également. Jusqu’alors, la création de nouvelles exploitations compensait, en nombre, les sorties du dispositif. « Ce n’est plus le cas », constate Laurent Barle, directeur de Bio Bourgogne-Franche-Comté. La région n’est pas une exception : elle suit une tendance nationale, mais illustre avec acuité les fragilités d’un modèle pourtant au cœur des discours publics sur la transition écologique.
Pour Laurence Henriot, présidente de Bio Bourgogne-Franche-Comté, le diagnostic est clair : « Tout s’enchaîne ». D’abord, la chute de la consommation. Depuis la crise sanitaire, puis l’inflation liée à la guerre en Ukraine, le pouvoir d’achat a rebattu les cartes. Les produits bio, perçus comme plus chers, ont été les premiers sacrifiés. Résultat : une offre devenue excédentaire, des prix payés aux producteurs en forte baisse et, dans certains cas, proches de ceux du conventionnel. À ce choc de marché s’ajoute un retrait progressif des soutiens publics. Si les aides à la conversion ont longtemps joué un rôle d’accélérateur, elles s’arrêtent au bout de cinq ans. L’aide au maintien, pourtant conçue comme un filet de sécurité, a été supprimée en France dès 2017. « Une fois la conversion terminée, il n’y a plus rien », résume Laurence Henriot, qui rappelle que le crédit d’impôt bio – 4 500 euros par ferme, avec une hausse à 6 000 euros votée à l’Assemblée nationale puis au Sénat en 2025 mais toujours incertaine – reste suspendu aux arbitrages du budget du gouvernement.
Avec sa nouvelle usine, Giffard mise sur l'essor des boissons sans alcool
Des drones alliés aux véhicules autonomes : l'école Centrale de Nantes expérimente l'industrie du futur
« Le Grand Paris peine à répondre aux objectifs qui lui ont été assignés » : le Plan pousse au big bang fiscal et politique
Après un mois de grève, les salariés de Dumarey exhortent l'État à trouver un repreneur