En Bretagne, la part de fret ferroviaire représente actuellement 1,4% du transport des marchandises. À l’inverse, 95 % des flux passent par la route dans des camions roulant à 98 % au diesel.
Capter les flux des biens et des marchandises, grâce à la logistique, est un enjeu de souveraineté, ont alerté l'État et les élus en Bretagne. Dans la région, ils estiment que le modèle fondé sur les énergies fossiles a aussi un impact sur l’industrie.
« La logistique est d’abord un enjeu de coopération dans la mesure où il faut concilier décarbonation et compétitivité. En termes de chaine logistique, la France se situe au 13e rang (sur 139 pays) derrière la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne. Elle a encore des marges de progrès mais la principale cause de cette compétitivité insuffisante est la coordination pas encore totalement aboutie des acteurs. »
S’exprimant dans le cadre de la 3e édition de la Conférence régionale de la logistique en Bretagne organisée mardi 20 janvier à Rennes par l’État et la Région, Éric Fisse, directeur de la DREAL Bretagne a souhaité rappeler que parler de coopération, de coordination, ne signifiait pas établir de nouvelles règles ou normes mais faire travailler les acteurs ensemble.
Le 4 février, le gouvernement prévoit de proposer un projet de loi-cadre sur le transport, portant sur l’avenir du financement des mobilités et la rénovation du réseau ferroviaire.
Pourtant, dans le domaine des mobilités, la désorganisation, voire un certain désintérêt des acteurs, s’illustre en matière de fret ferroviaire. Le retard est déjà manifeste : d’ici à 2030, la France a pour objectif d’en doubler à 18 % la part modale, pour atteindre 25 % en 2050. En Allemagne, elle est déjà à plus de 20 %.
98 % de diesel sur les routes bretonnes, un coût de transport plus cher
Le défi pour la Bretagne, territoire qui depuis toujours vit un combat pour la mobilité des personnes et des marchandises, est encore plus considérable : sa part de fret ferroviaire devra être multipliée par six, et passer de 1,4% (1,2 million de tonnes par an) à 9 % sous quatre ans.
À l’inverse, 95 % des marchandises passent par la route dans des camions roulant à 98 % au diesel.
Face à l'urgence de la décarbonation des flux, la DREAL Bretagne et le Conseil régional ont réuni 100 représentants des entreprises, collectivités et institutions. Objectif : mettre en œuvre collectivement la feuille de route régionale sur les mobilités adoptée fin 2025 et inscrite dans le cadre du plan État-Région 2023-2027.
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