Groupe Baudelet : la volonté d’entreprendre autrement

Caroline Poissonnier
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« Les labels sont trop souvent donnés sans réels critères de sélection. Ce qui nous a séduit avec celui de Deloitte, c’est à la fois son rayonnement et le fait que le parcours pour l’obtenir soit assez challengeant. Sans rigueur, les labels n’ont pas de valeur », annonce Caroline Poissonnier, directrice générale du Groupe Baudelet, que les défis n’effraient visiblement pas, comme le montre son parcours à la direction de l’entreprise familiale.
Celle-ci a été fondée en 1964 par son grand-père et se spécialise dans la valorisation des déchets, dans les Hauts-de-France. Depuis 2018, Caroline Poissonnier et son frère Jean-Baptiste en tiennent les rênes. Cette 3ᵉ génération a souhaité transformer le groupe pour qu’il reflète leurs valeurs et ambitions, tout en conciliant les visions parfois différentes de chacun des dirigeants. Cela débouche sur une diversification de la société et de son périmètre géographique, autour de quatre branches d’activité : environnement, énergie, commerce et bien-être.
Si ces quatre secteurs peuvent sembler décorrélés, ils ont pour point commun de placer l’impact au cœur des opérations. « Nous ne voulions pas seulement prolonger l’entreprise dont nous avons hérité, mais construire une entreprise qui nous ressemble, autour d’une vision plus large de l’impact », confirme Caroline Poissonnier. L’activité énergie donne par exemple naissance à une start-up, Fiboo, qui produit des isolants biosourcés à base de fibre de bambou et se positionne sur le volet de la sobriété énergétique.
Le segment du bien-être fait sans doute figure de diversification plus originale. « Cela relève de mon initiative, et elle est en réalité le résultat d’un engagement de long terme au sein de l’entreprise. Un engagement en faveur de la réconciliation de l’ambition et de l’équilibre, qui laisse la place à la question du sens et des valeurs », explique la dirigeante de Baudelet.
Concrètement, cela se traduit par une culture managériale qui porte une grande attention à la question du stress et de la santé mentale, forme à la détection de leurs signaux faibles et organise des conférences sur le sujet. Et en termes d’activités, cela a notamment conduit à l’ouverture de restaurants qui proposent une nourriture saine, l’ouverture d’une salle de sport et à la création d’un mouvement qui s’adresse aux dirigeants d’équipes et d’entreprises, LeaderKiff. « Il a été conçu pour les leaders et dirigeants qui sont sous pression et ont tendance à s’oublier. Or une équipe va bien quand son dirigeant va bien. »
Veiller au bien-être des collaborateurs, c’est aussi les impliquer dans la stratégie de la société. « Je veux que chacun puisse donner son avis, peu importe son poste. Cela favorise l’émergence d’idées, évite les angles morts, renforce l’engagement et le sentiment d’appartenance. » Et pour que tous puissent contribuer, le Groupe Baudelet a trouvé la solution : organiser une co-construction stratégique, au travers du concept de IDay. Au cours de journées dédiées, les 700 collaborateurs sont invités à soumettre leurs idées, et cela a d’ailleurs déjà débouché sur des initiatives concrètes. Les salariés sont également impliqués dans le fonds de dotation, au travers d’un réseau d’ambassadeurs internes, qui peuvent s’investir sur leur temps de travail. « D’ailleurs, ce sont les collaborateurs eux-mêmes qui ont demandé la création du fonds de dotation ».
Un engagement que salue Caroline Poissonnier, qui rappelle à cette occasion la valeur collective du label Best Managed Companies : « il doit être vu comme une reconnaissance de l’énergie et de l’implication de chacun. »