Gradium passe la barre des 100 millions d'euros avec le soutien de Nvidia

Neil Zeghidour, directeur général de Gradium.
Abdullah Firas/ABACA via Reuters - Abdullah Firas/ABACA - Abdullah Firas/ABACA

Neil Zeghidour, directeur général de Gradium.
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La jeune pousse française de l’intelligence artificielle vocale change de dimension. Quelques mois seulement après son lancement officiel, Gradium annonce avoir dépassé les 100 millions d’euros de financement et accueille un nouvel investisseur de poids : le géant américain des semi-conducteurs Nvidia. Une étape qui confirme l’intérêt croissant des grands acteurs mondiaux pour l’écosystème français de l’IA, en particulier sur le segment stratégique des technologies vocales.
Ce nouveau tour de table intervient moins d’un an après la création officielle de la société, issue du laboratoire de recherche à but non lucratif Kyutai. Lors de son lancement, en décembre dernier, Gradium avait déjà sécurisé 60 millions d’euros de financement. Elle ajoute désormais plus de 40 millions d’euros supplémentaires et renforce sa crédibilité en attirant Nvidia, dont les puces sont devenues indispensables au développement des modèles d’intelligence artificielle.
L’entreprise entend utiliser ces nouveaux moyens pour accélérer son expansion. Ce financement « permettra d’accélérer la recherche en IA, le développement produit, l’expansion internationale et l’ouverture d’un nouveau bureau dans la (baie de) San Francisco », indique-t-elle dans un communiqué. Cette implantation au cœur de la Silicon Valley illustre les ambitions internationales de la start-up, qui cherche à se rapprocher de l’écosystème technologique américain tout en poursuivant son développement depuis la France.
Gradium s’est spécialisée dans les modèles d’intelligence artificielle dédiés à la voix, un marché en plein essor à mesure que les interfaces conversationnelles se généralisent. La société commercialise déjà plusieurs briques technologiques destinées aux entreprises.
Parmi elles figure un modèle de text-to-speech, capable de générer une voix naturelle à partir d’un texte, ainsi qu’un outil de speech-to-text, qui retranscrit automatiquement la parole. Elle propose également un modèle de traduction vocale fonctionnant en français, en anglais, en espagnol, en allemand et en portugais.
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Ces technologies s’appuient sur les travaux menés au sein de Kyutai, laboratoire fondé pour faire progresser la recherche ouverte en intelligence artificielle. Celui-ci avait présenté à l’été 2024 Moshi, un premier modèle d’IA générative principalement vocale, avant de dévoiler en février Hibiki, un modèle expérimental spécialisé dans la traduction simultanée.
L’annonce intervient dans un contexte d’accélération de la concurrence sur l’IA vocale. Les modèles capables de comprendre, retranscrire, traduire ou générer de la voix sont désormais considérés comme l’un des prochains grands terrains d’innovation de l’intelligence artificielle.
En France, Mistral a également renforcé ses ambitions sur ce créneau. En juin 2025, la licorne a lancé Voxtral, son premier modèle consacré à la reconnaissance vocale et à la transcription multilingue, illustrant l’intérêt grandissant des acteurs européens pour cette technologie.