Gigafactory IA : la plateforme de data centers Verne se lance dans la bataille en France

Un administrateur de serveurs dans un centre de données.
Viacheslav Yakobchuk - Adobe Stock

Un administrateur de serveurs dans un centre de données.
Viacheslav Yakobchuk - Adobe Stock
2025, année faste pour les data center dédiés à l’intelligence artificielle en France. Après les 17 milliards d’investissements privés annoncés lors du sommet Choose France au mois de mai dernier, c’est au tour du fonds Ardian de passer à l’attaque. Verne, sa plateforme de data centers spécialisés en calcul haute intensité et haute performance, vient d’ouvrir ce mois de septembre une filiale en France. Et elle n’a pas l’intention de faire de la figuration : elle est prête à investir des milliards d’euros dans notre pays.
« Notre ambition est de déployer un campus de plusieurs centaines de mégawatts (MW) dédié à l'intelligence artificielle sur le territoire français », nous annonce Roland Chedlivili, nommé directeur général de Verne France SAS il y a tout juste trois semaines. Il occupait précédemment la fonction de codirecteur général de la TowerCo de TDF, l’opérateur français d’infrastructures télécom et broadcast. Plus tôt dans sa carrière, il a également été Principal au sein du cabinet de conseil Arthur D. Little, où il était chargé d’accompagner les entreprises dans leurs projets d’infrastructures numériques, de technologies et de stratégie de croissance.
« Nous n’avons pas encore arrêté l’endroit de notre premier site mais nous regardons plusieurs projets en Ile-de-France », précise encore le dirigeant qui s’attelle en ce moment à rencontrer élus et collectivités. « Nous essayons de répliquer le même modèle que dans les pays nordiques donc nous commençons d’abord par intégrer les enjeux environnementaux, ainsi que les préoccupations locales liées à l’emploi et la formation ».

Ce premier projet a été l'occasion de répondre présent à l’appel à manifestation d’intérêt de la commission européenne qui s'est clôturé le 20 juin dernier pour faire sortir de terre des Gigafactories IA, c'est-à-dire des centres de calcul et de stockage de données d’IA pour des modèles et des applications nouvelle génération. Et l'entreprise compte être là aussi lorsque l'appel à projet sera lancé dans la foulée au quatrième trimestre. Seuls cinq lauréats seront retenus à la clef avec l'accès à un fonds européen doté de 20 milliards d'euros.
« C'est un processus long, mais nous avons évidemment l'ambition d'être le projet français sélectionné et de catalyser autour de nous les différents acteurs pour regrouper toute la chaîne de valeur », ajoute Roland Chedlivili. Les capacités de calcul pourraient faire tourner des modèles d’IA générative, mais aussi des applications, ou encore être mises à disposition de la recherche quantique. Pour de grands acteurs de l’IA, des industriels ou des organismes de recherche comme l’Ecole Normale Supérieure, par exemple.
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Fondée en 2008, l’entreprise Verne a été acquise par le fonds d’investissement Ardian en mars 2024, avec un plan de développement de 1,2 milliard de dollars. Basée à Londres, elle développe des centres de données en Finlande, en Islande et au Royaume-Uni. Verne compte déjà 70 mégawatts de capacités installées et autour de 366 MW de puissance sécurisée future, contractée auprès d’opérateurs de réseau et mise en service dans les trois à quatre prochaines années. Des projets plus massifs de l’ordre du gigawatt sont également à l’étude.
L’ouverture de cette filiale en France élargit son périmètre jusque-là cantonné à l'Europe du Nord. Mais elle ne change pas ses fondamentaux. « Ce projet s'inscrit pleinement dans l’ADN de Verne, à savoir développer, construire et opérer des data center dans des pays où l'énergie est décarbonée, abondante et économique », souligne Gonzague Boutry, responsable Europe des investissements dans les infrastructures digitales d'Ardian, une verticale qui compte des actifs dans les TowerCo, la fibre optique et les centres de données.