Pour améliorer son attractivité, l’Institut de Cancérologie de Bourgogne mise sur un nouveau centre à Dijon, à côté de l’hôpital privé Dijon Bourgogne.En 2023, 400 000 nouveaux cas de cancer ont été diagnostiqués, « et ce chiffre est appelé à progresser en raison du vieillissement de la population, notamment dans la tranche d’âge des 50 à 70 ans, qui devrait augmenter de 20 % au cours de la prochaine décennie », rappelle Alexis Lépinoy, oncologue radiothérapeute à l’ICB. L’âge médian au moment du diagnostic est actuellement de 66 ans.
Face à cette situation, l’Institut de Cancérologie de Bourgogne (ICB) projette le développement d’un réseau de soins ultraspécialisés pour prendre en charge ces patients. En intégrant une large gamme de traitements et de services sur plusieurs sites, notamment Dijon, Chalon-sur-Saône et Auxerre, l’ICB tisse sa toile sur le territoire et s’inscrit comme un acteur central dans la prise en charge oncologique régionale. En 2025, ce dernier a traité environ 3 500 patients dans ses différentes spécialités.
Un bistouri virtuel
Le nouveau centre, inauguré ce mardi 25 novembre, s’étend sur 3 600 m² et offre des infrastructures ultramodernes. Ce bâtiment, conçu pour optimiser le parcours de soin des patients, est trois fois plus vaste que l’ancien et propose des espaces d’accueil chaleureux, tournés vers l’extérieur, pour favoriser le bien-être des patients. « Nous avons voulu un environnement agréable et respectueux de la dignité des patients, surtout lors de traitements difficiles, » ajoute Carolina Zevi, médecin à l’ICB. Les équipements incluent des machines de dernière génération comme le CyberKnife (environ 4 millions d’euros), une technologie de radiothérapie robotisée qui permet une précision chirurgicale. « C’est véritablement comme un bistouri virtuel, permettant de traiter certaines tumeurs inopérables de manière moins invasive, » précise Julien Charrette, oncologue radiothérapeute.
Contrairement aux accélérateurs classiques de radiothérapie qui tournent sur un plan, le CyberKnife, soit « le couteau de l’espace », est monté sur un bras robotisé qui peut se positionner selon une infinité d'angles autour du patient, sur une sphère complète. « Cette flexibilité permet de concentrer une dose très élevée de rayons sur des tumeurs de petite taille avec une précision inframillimétrique », poursuit Julien Charrette. Au plan national, une trentaine d’établissements seulement sont équipés en France. « Avec cet investissement, nous venons combler un trou dans la raquette pour la partie Grand Est car il n’y en avait aucune entre Strasbourg/Nancy et Lyon », souligne Alexis Lépinoy.