Si les autorités iraniennes ont privé la population d’accès à Internet depuis plus de quatre jours et demi, c’est que le réseau du pays comporte une structure tout à fait spécifique. La répression du régime a fait au moins 648 morts depuis deux semaines, selon un bilan provisoire.Depuis vendredi, les Iraniens n’ont plus accès à Internet. La coupure a été mise en place par les autorités du pays en plein mouvement de contestation contre le gouvernement. « Les statistiques montrent que la coupure nationale d’Internet a dépassé les 108 heures », indique ce mardi sur X l’organisation NetBlocks. « La connectivité avec le monde extérieur restant à seulement 1 % des niveaux habituels ».
« Il s’agit d’une perturbation nationale qui touche la quasi-totalité des services, la connectivité et tous les aspects de la vie, et qui va bien au-delà des simples téléphones portables et ordinateurs », a déclaré samedi Alp Toker, le directeur de NetBlocks, au média américain Fox News.
Les Iraniens ont commencé à descendre dans la rue fin décembre, à l’origine pour protester contre le coût de la vie, mais au moins 648 manifestants auraient déjà été tués, d’après l’ONG Iran Human Rights (IHR). Cette dernière indique que certaines sources penchent même sur plusieurs centaines, voire plus de 2 000 personnes tuées. Et sans Internet, il devient difficile pour la population de relayer des informations sur les réseaux sociaux concernant la répression menée par le gouvernement, ou même de donner des nouvelles à leur famille.
Une liste blanche
Ce n’est pas la première fois que le pouvoir iranien coupe Internet. Il l’avait notamment fait en 2022, après la mort de Mahsa Amini, arrêtée par la police des mœurs pour « port de vêtements inappropriés » et qui avait entraîné des manifestations dans tout le pays. La répression avait alors fait plus de 550 morts. Ou encore en 2019, lors de manifestations contre la hausse du prix de l’essence qui avaient fait au moins 300 morts.