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ÉconomiePolitique internationale

Iran : comment les cours du pétrole réagissent après les menaces d'intervention militaire de Trump

Photo de Marius Bocquet

Marius Bocquet

Publié le 12 janvier 2026 à 16:02

La production de pétrole pourrait être perturbée après les récentes manifestations durement réprimées par le pouvoir à Téhéran.

La production de pétrole pourrait être perturbée après les récentes manifestations durement réprimées par le pouvoir à Téhéran.

via REUTERS - SOCIAL MEDIA

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Le président américain a menacé de « frapper très fort » l'Iran si les autorités « commençaient à tuer » des manifestants. Cette escalade des tensions, alors que les manifestations sont durement réprimées par le régime, provoque des inquiétudes sur la production et l'approvisionnement en pétrole, selon les analystes.

Le pétrole est attentif à la situation en Iran, où la production pourrait être perturbée après les récentes manifestations durement réprimées par le pouvoir à Téhéran. Donald Trump a menacé jeudi dernier de « frapper très fort » le pays si les autorités « commençaient à tuer » des manifestants. « Je leur ai fait savoir que s'ils commençaient à tuer des gens, ce qu'ils ont tendance à faire pendant leurs émeutes, ils ont beaucoup d'émeutes, s'ils le font, nous les frapperons très fort », a déclaré le président américain pendant un entretien avec l'animateur radio conservateur Hugh Hewitt. L'ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, a déclaré dimanche avoir confirmé la mort d'au moins 648 manifestants, mais le bilan pourrait être beaucoup plus lourd.

Avec ces menaces répétées d'une intervention militaire, « l'escalade des manifestations en Iran suscite des inquiétudes quant aux perturbations potentielles de l'approvisionnement en provenance du quatrième producteur de l'Opep », indique Patrick Munnelly, analyste chez Tickmill. Cela d'autant que « le plus grand syndicat du secteur » pétrolier iranien, « basé à Kangan, a déclenché une grève de ses membres dans deux raffineries », notent les experts de DNB.

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« Les manifestations, les coupures d’internet et la montée des violences font planer le risque d’un choc sur la production pétrolière », indique dans une note John Plassard, analyste chez Cité Gestion Private Bank. « Lorsqu’un grand producteur entre en zone d’instabilité politique, le marché ajoute immédiatement une prime de risque. » « Les marchés d’options montrent d’ailleurs un biais de plus en plus haussier, signe que les investisseurs se couvrent contre un scénario de rupture d’approvisionnement. »

Le marché ne croit pas à une intervention américaine

Mais pour l'instant, les prix du brut ne s'envolent pas. Vers 16 h 30 ce lundi, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mars, gagnait 0,32 % à 63,22 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en février, prenait 0,07 % à 58,88 dollars.

Cette « faiblesse des cours du pétrole (un peu plus de 60 dollars le baril de brent début 2026) érode la seule force économique du pays et affaiblit un peu plus la monnaie, ce qui stimule l’inflation et donc le mécontentement de la population », commente l'économiste et fondateur du cabinet Bersingéco, Sylvain Bersinger, dans une note publiée dimanche.

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Cela s'explique, selon Bjarne Schieldrop, de Seb, par le fait que « le marché pétrolier attribue un risque très faible au scénario » d'une intervention américaine « et une probabilité très élevée » à l'hypothèse d'une répression brutale par le régime iranien.

« Une bombe d’offre prête à exploser », selon John Plassard

Après ses menaces d'intervention militaire, Donald Trump a affirmé dimanche que les dirigeants iraniens voulaient « négocier » et qu'une réunion était « en cours de préparation ». Mais, « paradoxalement », une « levée des sanctions sur l’Iran » serait également « une mauvaise nouvelle pour le baril, malgré la détente géopolitique », selon John Plassard.

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« Le marché pétrolier regarde l’Iran comme un risque géopolitique, mais il devrait surtout le voir comme une bombe d’offre prête à exploser », estime l'analyste. Il rappelle que l'Iran produit 3,3 à 3,5 millions de barils par jour, dont 1,4 à 1,6 million sont exportés principalement vers la Chine, contre 4,0 à 4,2 millions de barils par jour avant les sanctions occidentales en 2017-2018. 

« Ce qui signifie qu’un retour sur le marché permettrait 700 000 à 900 000 barils supplémentaires immédiatement », projette-t-il, alors que l’Iran détient par ailleurs « entre 80 et 120 millions de barils déjà stockés, souvent sur des pétroliers prêts à livrer ». « Si ces volumes sont écoulés sur six mois, cela représente 450 000 à 650 000 barils par jour injectés en plus sur le marché. »

« En combinant production et déstockage, le monde pourrait donc voir arriver 1,2 à 1,5 million de barils par jour supplémentaires en quelques mois », ce qui, « rapporté à une consommation mondiale d’environ 103 millions de barils par jour », « équivaut à plus de 1 % de l’offre mondiale ajoutée très rapidement ». Cet afflux serait « mécaniquement baissier pour les prix », selon lui.

L'UE envisage de nouvelles sanctions

La levée des sanctions n'est toutefois pas d'actualité. L'Union européenne envisage de nouvelles sanctions contre l'Iran, a indiqué un porte-parole de l'UE ce lundi. « Nous sommes prêts à proposer de nouvelles sanctions, plus sévères, à la suite de la répression à l'encontre des manifestants », a déclaré Anouar El Anouni, porte-parole du service diplomatique de l'UE.

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Et Donald Trump n'a toujours pas écarté dimanche l'option militaire. « Nous pourrions devoir agir avant une rencontre », a-t-il affirmé, en ajoutant que l'armée américaine étudiait des « options très fortes ».

Marius Bocquet

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