À l'heure où la question de la rareté et de la souveraineté des approvisionnements est sur le devant de la scène, une start-up grenobloise Anodine développe des électrodes « upcyclées » qui visent à reprendre la main sur tout un pan de production nécessaire au traitement de l'eau (industrie, nucléaire, agroalimentaire, piscines...)Réduire la quantité des métaux rares et les remplacer par des ressources plus abondantes, en misant sur un nouveau modèle d’électrodes « éco-responsables » rechargeables. Tel était le pari de départ de la jeune pousse grenobloise FuelSea, créée en 2022, qui s'appuyait notamment sur deux brevets de l’Université de Grenoble (UGA) visant à diminuer de 50% l’utilisation de ressources « platinoïde » dans la fabrication des électrodes.
Ces électrodes, le plus souvent composées de grilles en titanes recouvertes de métaux rares, jouent un rôle crucial dans la transformation du sel en chlore naturel pour différentes industries : traitement de l'eau, mais aussi production d'hydrogène vert.
Mais alors que FuelSea comptait déployer cette nouvelle technologie pour la production d’hydrogène vert (après avoir notamment remporté le concours d’innovation i-PhD 2022 ainsi que i-Lab 2023), ses fondateurs (Richard Barré, Baptiste Dautreppe et Damien Mouchel-dit-Leguerrier) ont finalement changé de braquet en raison du manque de maturité du marché.
« Nous avions vu que si l'électrolyse de l'eau devait se développer au rythme envisagé initialement au départ (avec l'objectif d’atteindre plus de 1000 gigawatts (GW) d’électrolyseurs pour la production d’hydrogène d’ici 2050, ndlr) il n'y aurait pas suffisamment de métaux rares comme l'iridium pour répondre aux besoins », se souvient Damien Mouchel-dit-Leguerrier, cofondateur et pdg d'Anodine.
Sauf que face au retard au décollage du marché de l'hydrogène, le projet de FuelSea s'est finalement transformé en un autre pari, incarné et renommé au sein de la start-up Anodine (7 collaborateurs). « Nous avions contacté différents industriels dans le cadre de nos études de marché, et il s'est avéré qu'il existait un besoin beaucoup plus mature, qui était celui du traitement et de la désinfection de l'eau par électrolyse du sel », ajoute Damien Mouchel-dit-Leguerrier.
De la souveraineté dans le traitement de l'eau