La pépite tricolore de défense Alta Ares négocie son virage vers l’industrie de masse. L’entreprise lance une levée de fonds de 50 millions d’euros et s’apprête à ouvrir une usine à Toulouse, en place de celle déjà présente en Charente.Deux ans et demi après sa création, Alta Ares est en passe de changer de dimension. La pépite tricolore de défense spécialisée dans la lutte anti-drones dégaine une série d’annonces ce mardi 9 juin, le tout à la veille du salon ILA Berlin, un rendez-vous du secteur de l'aéronautique, du spatial et de la défense, organisé en Allemagne. « Nous cherchons à faire coup double, résume à la Tribune son patron, Hadrien Canter. Nous souhaitons combler une faille capacitaire identifiée en Ukraine, la défense sol-air, et passer à une phase de déploiement à l’échelle industrielle. »
D’où le dévoilement, attendu depuis plusieurs mois, d’une levée de fonds de 50 millions d’euros. Une opération conduite auprès d’Air Street Capital, un fonds de capital-risque basé à Londres qui investit dans les startups de l'intelligence artificielle, et menée avec trois autres fonds : le polonais OTB Ventures spécialisé en DeepTech, l’allemand Cherry Ventures, par ailleurs investisseur de Helsing, et l’américain Harpoon Ventures. De quoi donner du poids à Alta Ares, face à des sociétés au positionnement comparable, telles que l’américain Anduril et l’allemand Helsing.
Des logiciels et des drones intercepteurs
Il faut dire qu’Alta Ares revendique « plusieurs millions d’euros » de contrats signés depuis sa création en janvier 2024, et mène des opérations de déploiement de ses prototypes opérationnels dans plusieurs théâtres d'opérations en Europe, et en Ukraine bien sûr, mais aussi au Moyen-Orient et en Asie. La pépite cherche à secouer l’industrie de défense avec ses solutions de protection de l’espace aérien, via des cycles de développements ultra-rapides et l’usage d’algorithmes d’IA embarquée. Le tout associé à une bonne connaissance du terrain ukrainien, en particulier de la part de son jeune dirigeant qui a eu le déclic quant à la création de son entreprise lors de l’invasion du pays en 2022.