Afin de renforcer la souveraineté numérique, le gouvernement va généraliser sa solution de visioconférence sécurisée et souveraine « Visio » à l'ensemble des services de l'État d’ici à 2027. À Montpellier, le dirigeant de l'éditeur Tixeo, un prestataire équivalent, monte au créneau.Lundi 26 janvier dernier, David Amiel, ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat, annonçait la généralisation de la solution de visioconférence sécurisée et souveraine « Visio » à l'ensemble des services de l'État d’ici 2027, avec l’objectif de « mettre fin à l’utilisation de solutions extra-européennes, garantir la sécurité et la confidentialité des communications électroniques publiques en s’appuyant sur un outil puissant et souverain ».
L’outil, développé par la Direction interministérielle du numérique (DINUM), a été lancé sous forme expérimentale il y a un an, et compte déjà 40 000 utilisateurs réguliers. Il a été intégré à « La Suite Numérique », ensemble d’outils collaboratifs également développé par les services internes de l'État et lancé en 2024.
Le ministère précise que « Visio » est en cours de déploiement, avec l’appui de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI), auprès de 200 000 agents. Le CNRS, l'Assurance Maladie, la Direction générale des finances publiques (DGFiP) et le ministère des Armées sont parmi les premiers à généraliser la solution au premier trimestre 2026. Au CNRS, ce sont ainsi 34 000 agents et 120 000 chercheurs associés à ses unités de recherche qui vont remplacer, d’ici fin mars, les licences Zoom par « Visio ».
Exit donc les Teams, Zoom, GoTo Meeting et autres Webex, principalement américains. Une situation qui, selon le ministère « fragilise la sécurité des données en plus de créer des dépendances stratégiques vis-à-vis d'infrastructures externes, de représenter des surcoûts financiers (l'arrêt des licences logicielles payantes génère une économie estimée à 1 million d’euros par an pour chaque tranche de 100 000 nouveaux utilisateurs quittant des solutions sous licence, estime le ministère, NDLR) et de complexifier les coopérations entre les ministères ».