La scale-up NanoXplore se considère encore comme l’Astérix des puces électroniques qui, immunisées contre les radiations, font fonctionner les satellites, radars ou missiles… Seul acteur européen à les développer, il tente un exercice d’équilibriste pour s’affranchir des dépendances à l’Asie et aux Etats-Unis, en faisant entrer à son capital l’armurier MBDA et un fonds de Bpifrance.Dans le monde complexe de l’électronique, les Field Programmable Gate Array (FGPA, des puces capables de résister aux radiations) pourraient être perçus comme une niche. C’est pourtant un segment hautement stratégique pour la France et ses voisins. Elles sont en effet devenues la pièce maîtresse des ordinateurs de bord embarqués au cœur des grandes manœuvres de la défense et du spatial, à l’image des satellites des programmes européens Galileo et Copernicus.
Sur ce marché, le seul concepteur européen est une ETI iséroise, NanoXplore, qui a su prendre un pari jugé fou. En quittant son costume de banquier d’affaires en 2013 pour rejoindre l’entreprise de son père spécialisée dans les services électroniques, Édouard Lepape ne se doutait pas que l’un de ses deux principaux clients allait décider, le jour même, d’arrêter le développement de son composant FPGA pour le spatial, pour lequel la société fournissait une brique logicielle. « Nous sommes allés voir le Cnes et l’Esa en leur proposant de le concevoir entièrement nous-mêmes », se rappelle-t-il.
Une décennie d’essais-erreurs
Cette audace a nécessité une décennie d’essais-erreurs, d’allers-retours avec les clients et de recrutements pour la jeune pousse qui comptait alors 5 salariés contre 150 aujourd’hui. « Il s’agissait d’une technologie à l’état de l’art dans le monde de l’électronique, qui est lui-même l’un des secteurs industriels les plus complexes à maîtriser », sourit Édouard Lepape, devenu directeur général.