EXCLUSIF. Une opération conjointe des services de police européens en partenariat avec le géant de la tech Microsoft a permis de désactiver un réseau phare pour les cybercriminels. Ce service permettait aux pirates de mener de vastes campagnes d'hameçonnage.
Europol et Microsoft portent un grand coup à l’économie du phishing. Les services de police européens, en partenariat avec le géant de la tech, ont dévoilé ce 14 janvier une vaste opération pour démanteler un réseau d’ordinateurs virtuels, des machines hébergées sur de nombreux serveurs, utilisées pour la cybercriminalité. Ce programme nommé RedVDS était accessible à tout le monde, en clair, depuis une simple recherche sur Google.
Il suffisait ensuite de payer un abonnement pour environ 24 dollars par mois pour avoir accès à ce réseau masqué. Les machines étant dispersées entre plusieurs serveurs sur la planète, les cybercriminels pouvaient simplement s’appuyer sur cette infrastructure pour envoyer des millions de mails d’hameçonnage à leurs victimes. Microsoft note qu’un million de messages de phishing par jour sont envoyés en moyenne par mois aux seuls clients du groupe. Les récents mails trompeurs reçus dans les boîtes de réception peuvent parfaitement provenir de ce type de service.
Près de 200 000 comptes Microsoft piratés en quelques mois
Depuis mars 2025, l’activité facilitée par RedVDS a causé environ 40 millions de dollars de pertes par fraudes déclarées aux États-Unis seulement. Les dommages sont probablement bien plus élevés d’après Microsoft. Le réseau d’ordinateurs serait particulièrement utilisé dans le secteur immobilier pour détourner des fonds de clôture de ventes ou les dépôts de garantie. Plus de 9 000 clients du secteur immobilier ont été victimes de ces transactions frauduleuses.
Concernant le piratage de compte, Microsoft estime que ces attaques ont compromis plus de 191 000 comptes de messagerie Outlook au sein de 130 000 organisations dans le monde depuis septembre dernier. Les pays les plus touchés sont les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, la France et l’Inde.
L’avantage de RedVDS reposait sur la localisation de l’infrastructure. Les gestionnaires louaient des serveurs dans six pays, dont la France, pour mener les attaques. Ainsi les cybercriminels pouvaient contourner les filtres de sécurité puisque les messages d’arnaques étaient envoyés depuis des adresses locales.
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