Arnaques en ligne : pourquoi votre IBAN se retrouve dans des mails de phishing
Bogdan Bodnar
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Même des grands titres de presse sont concernés par ce phénomène.
La Tribune avec Dall-E
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Même des grands titres de presse sont concernés par ce phénomène.
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Usurpation d'Amazon, d'ANTAI (service des amendes) et désormais faux mails du Parisien et du Figaro, depuis trois mois, les cybercriminels recyclent un mail d'hameçonnage à toutes les sauces, avec une donnée en commun dans tous les messages : l'IBAN. Dans une campagne récente, se faisant passer pour plusieurs grands quotidiens français, les pirates assurent que l'abonnement de la victime a bien été pris en compte, en insérant le numéro de compte bancaire au cœur du message. Un lien invite les internautes à se désabonner, les redirigeant vers un site cloné du média, conçu pour dérober leurs données.
La fausse plateforme en question, baptisée abo-leparisien[ . ]com, a été créée le 1er mai, ce qui indique que la campagne est toujours en cours. Même constat du côté des sites clone d'Amazon, qui continuent de se multiplier avec de nouveaux leurres repérés en ce début de mois de mai.

[Un mail de phishing usurpant Amazon Prime]
Si le mail de phishing n'a rien de nouveau, l'intégration d'un IBAN est relativement nouvelle, surtout lorsqu'il s'agit de votre propre IBAN. Pour comprendre l'origine de cette évolution dans les arnaques, il faut remonter à la vague de fuites massives de données survenue entre l'été et l'automne 2024. SFR, Direct Assurance, puis Free ont tous subi une cyberattaque entraînant la divulgation d'IBAN, une donnée encore rarement exploitée. L'opérateur fondé par Xavier Niel a été particulièrement gâté, avec près de 5 millions d'IBAN clients concernés.
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Le hacker à l'origine de la fuite a rapidement revendu cette base de données, qui a fini par circuler sur les places de marché cybercriminelles, jusqu'à devenir un produit bon marché début 2025. Les pirates n'ont donc eu aucun mal à s'emparer de ces fichiers, pour cibler des millions de Français. « Associer un IBAN à une adresse mail pour personnaliser un message de phishing est à la portée de n'importe quel cybercriminel. Certains utilisent même des outils inspirés du développement web pour détecter votre propension à cliquer, et affiner leur ciblage », explique Benoit Grunemwald, expert en cybersécurité chez ESET.
Bogdan Bodnar