La medtech lyonnaise ClearSurgery vient d'obtenir le marquage CE pour son dispositif de visualisation peropératoire (pendant l'opération) conçue pour les casques de réalité virtuelle Apple Vision Pro. Grâce à cette certification, la société prépare la commercialisation de sa solution pour septembre prochain.Avec le développement des chirurgies micro-invasives, réalisées sous microscope, l’imagerie médicale a connu un nouvel essor. A l'hôpital Lyon Sud par exemple, il est désormais commun de voir des écrans massifs au coeur des salles d'opération. Une solution qui revêt des limites, estime néanmoins Julien Isman, qui a passé dix ans à configurer de tels espaces.
« Le chirurgien évolue au sein d'un milieu stérile, il ne peut rien piloter et va donc être très dépendant du personnel autour de lui. Et en termes d’ergonomie, le chirurgien doit tourner la tête pour voir telle ou telle image, ce n’est pas idéal », pointe le fondateur de la medtech lyonnaise ClearSurgery. Sans oublier le coût de ces infrastructures, autour de 100 000 euros.
Pour améliorer cet aspect, Julien Isman a choisi de s'appuyer sur un autre outil, un casque de réalité virtuelle, qui permet à la fois d'avoir l'information sous les yeux pendant qu'il opère, mais aussi de la piloter : des lunettes de réalité virtuelle sur lequel sera « plugué » son logiciel ClearSphere. Celui-ci permet au chirurgien de visualiser, sur son écran toute l'imagerie peropératoire pératoires (endoscopie, échographie, etc) du patient.
Gagner en flexibilité et en autonomie
« Le premier avantage est l’autonomie offerte au chirurgien sur le pilotage de l’imagerie, qui se fait au doigt et à l’oeil, sans rien toucher » qui permet de créer une « bulle » immersive autour de lui.
Arnaud Walch, orthopédiste à l'hôpital Edouard Herriot dans le service dédié aux membres supérieurs, teste la solution depuis janvier dernier. « Il est surtout utilisé pour de la chirurgie arthroscopique, pour laquelle nous avons besoin d'un écran qui doit être déplacé au cours de l'intervention », précise t-il. Avec le casque, Arnaud Walch peut ainsi positionner les images à l'endroit où il le souhaite dans son champ de vision, sans toucher quoi que ce soit. « Il n'y pas besoin d'une grande courbe d'apprentissage et c'est assez confortable », reconnaît-il.
Autre avantage : aucune infrastructure n’est nécessaire. Le logiciel peut se déployer dans n’importe quel bloc en quelques secondes.