Otter, Fireflies, Gemini… Les assistants de réunion sont l’un des outils d’IA générative les plus répandus dans les bureaux. Gain de temps et remède aux réunions inutiles pour certains, outil de surveillance rampante pour d'autres, ils commencent aussi à changer discrètement la façon dont on parle et dont on décide en entreprise.Avant la réunion, Lola* et ses collègues se lâchent. Les clients sont très en retard : prétexte à une grande séance de commérage. « On commence à les critiquer, faire des remarques très négatives que, clairement, nous ne sommes pas censés dire à des clients », raconte la jeune femme qui travaille dans une agence de communication. Sauf que son entreprise utilise Gemini, l’assistant IA de Google, qui prend consciencieusement en note ce ragotage. « Même si les clients n’étaient pas connectés à ce moment-là, ils vont recevoir le compte-rendu en étant simplement invités à la réunion », précise Lola. « Heureusement on s’en est rendu compte, et dès que le call s’est terminé on s’est tous précipités sur Google Doc pour modifier ce qui avait été noté par l’IA. » L’honneur est sauf... pour cette fois.
L’anecdote de Lola est symbolique de l’incursion des « AI note-takers », ces assistants enregistrant et retranscrivant les réunions, devenus monnaie courante dans la vie de bureau de 2026. On trouve Otter, Fathom, Fireflies, tl:dv, Notion… et ceux directement intégré dans les outils de visioconférence comme Zoom, Google Meet et Teams.
« Sauter » les réunions
Apparus avec l’IA générative, ces derniers promettent grâce à la retranscription automatique et la synthèse des échanges de créer « la base de connaissance » d’une entreprise, d’« analyser toutes les conversations de vos équipes », de « transformer vos conversations professionnelles en données puissantes ».
Les personnes que nous avons interrogées sont nombreuses à louer leur côté pratique. Cadre au sein d’une start-up, Gaëlle* explique ainsi que les transcriptions lui permettent de « sauter » les réunions auxquelles elle est conviée sans être essentielle, en lui permettant simplement de lire le résumé. Et c’est le réflexe de n’importe qui au sein de cette entreprise d’environ 50 salariés pour « être plus productif ».