Déficit de la Sécu : Macron missionne quatre experts pour repenser le financement de notre modèle social
latribune.fr

Le président de la République Emmanuel Macron
REUTERS - Louiza Vradi
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Le président de la République Emmanuel Macron
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Emmanuel Macron a confié une mission sur le financement de la protection sociale à quatre experts, qui doivent rendre un rapport consultatif fin 2026 pour « éclairer le débat public », selon une lettre du président consultée par l'AFP vendredi. Ces spécialistes seront chargés de dresser un état des lieux du modèle de financement actuel et de proposer des scénarios pour le refonder.
Ce système, « un pilier de notre pacte républicain », est « soumis à des défis majeurs », peut-on lire dans la lettre de mission signée par Emmanuel Macron et datée du 30 juin.
Parmi ceux-ci, le vieillissement de la population mais aussi de « nouveaux risques comme celui de la dépendance ou les contraintes induites par la monoparentalité », ainsi que les enjeux liés à la transition numérique et l'intelligence artificielle. Or, « le facteur travail reste le premier contributeur au financement de la protection sociale, avec des conséquences tant sur la compétitivité de nos entreprises que sur le pouvoir d'achat des actifs », écrit Emmanuel Macron.
Le président souligne la « tension » entre « le besoin de financement de notre protection sociale » et son « poids mécanique sur le tissu économique comme sur la rémunération tirée du travail ». « Il est donc nécessaire d'éclairer le débat public sur la soutenabilité de ce modèle », estime-t-il.
Le rapport est attendu fin 2026, soit quelques mois avant la fin du mandat d'Emmanuel Macron et du premier tour de la présidentielle le 18 avril 2027. Sa publication en pleine campagne devrait contribuer à placer sous les projecteurs le thème du financement de la protection sociale, cher à Emmanuel Macron. La commission des comptes de la Sécurité sociale prévoit un déficit plus lourd que prévu en 2026, à 23,4 milliards contre 19,4 milliards d'euros prévus au moment du vote du budget 2026 de la Sécurité sociale, l'hiver dernier.
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Leur rapport doit présenter les différents scénarios qui pourraient permettre de refonder ce système de financement, en prenant en compte l'équité entre les générations et l'impact des évolutions proposées, notamment sur le taux de pauvreté et les inégalités, selon le président.
Les experts devront associer à leurs travaux les différentes parties prenantes, notamment les partenaires sociaux, indique-t-il dans sa lettre.
Sur ce sujet, justement, Patrick Martin, président du Medef, a présenté lundi 22 juin à Paris un document intitulé « Cartes sur table », qui expose les positions économiques de la première organisation patronale en France.
L’organisation patronale propose de revoir la répartition des coûts en transférant une partie des dépenses de santé de la Sécurité sociale vers les organismes complémentaires, afin de déséquilibrer moins lourdement les comptes publics. Toujours dans ce document, le Medef propose aussi de développer la prévention, d’améliorer la coordination des soins et de responsabiliser l’ensemble des acteurs.
Qui sont les experts :
- Marianne Kermoal-Berthomé : Directrice des politiques sociales et membre du comité exécutif du groupe Caisse des Dépôts (depuis fin 2023).Ex-conseillère et cheffe du pôle social au cabinet de la Première ministre Élisabeth Borne (2022-2023), où elle pilotait les dossiers santé, travail, emploi et protection sociale.
- Pierre Ricordeau : Inspecteur général des affaires sociales (Igas) et président du conseil d'administration de la Cades (Caisse d'amortissement de la dette sociale) depuis début 2025. Grand serviteur de l'État sur les questions de santé publique, il a récemment été nommé président du Comité des pairs santé de l'Igas. Son rôle à la tête de la Cades en fait un expert direct de la gestion de la dette et du trou de la Sécurité sociale.
- Alexandra Roulet : Professeure d'économie à l'INSEAD et chercheuse associée (notamment au Conseil d'analyse économique - CAE). Spécialisée en économie du travail et en évaluation des politiques publiques (notamment l'assurance chômage). Elle connaît parfaitement les rouages de l'exécutif pour avoir été conseillère macroéconomie et politiques publiques à l'Élysée et à Matignon entre 2022 et 2023.
- Hippolyte d'Albis : Chef économiste de l'Inspection générale des finances (IGF) et professeur d'économie (ESSEC / École d'économie de Paris).C'est le spécialiste des questions démographiques et du vieillissement. Vice-président du Cercle des économistes, il dirige l'équipe française des Comptes de Transferts Nationaux (qui étudie comment les générations s'échangent les ressources). Il a notamment publié un ouvrage de référence sur le sujet (Les seniors et l'emploi).
(Avec AFP)
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