Souveraineté numérique : « Nous sommes passés d'une menace individuelle à un risque généralisé de kill switch»
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Les députés Cyrielle Chatelain et Philippe Latombe au centre.
Assemblée nationale
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Les députés Cyrielle Chatelain et Philippe Latombe au centre.
Assemblée nationale
Ni cirque ni spectacle lors de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur « les dépendances structurelles et les vulnérabilités systémiques » de la France dans le secteur du numérique, qui s’est achevée ce mois de mai. Transpartisan et efficace, le duo réunissant son président Philippe Latombe (Modem) et sa rapporteure Cyrielle Chatelain (Les Ecologistes) dresse un premier constat pour La Tribune.
LA TRIBUNE. Avez-vous été surpris(e) par l'ampleur de la dépendance numérique de la France au fil de vos auditions ?
CYRIELLE CHATELAIN. Non. Mais cette commission nous a permis d'objectiver notre niveau de dépendance, d’obtenir une cartographie mais précise et de mieux évaluer la profondeur de son enracinement et ses raisons.
Lors de l’audition d’Arthur Mensch, certains observateurs se sont scandalisés qu’il n’y ait quasiment aucun parlementaire dans la salle. Ce reproche est-il justifié ?
PHILIPPE LATOMBE. Seuls les membres de la commission d'enquête sont invités à participer, ce qui limite le nombre de personnes. Par ailleurs, les auditions se sont souvent déroulées en même temps que d'autres travaux de l'Assemblée. Malgré tout, il est vrai qu'il y a eu peu de présence des commissaires. Nous étions 3 ou 4 à chaque fois. A nous de convaincre nos collègues parlementaires que c’est un sujet important et qui concerne aussi directement leurs électeurs.
Pourquoi l'audition d'Arthur Mensch est-elle devenue virale, d'après vous ?
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité tech.

CYRIELLE CHATELAIN. Elle a permis de montrer la matérialité de l'IA qui repose sur les services de cloud et le développement accéléré des data centers. Elle a aussi rappelé à quel point l’accès à l'énergie est central. Et c’était intéressant de décomposer la question des tokens : comment est-ce que ça fonctionne économiquement, le coût de chaque requête. Après, sur le constat dressé par Arthur Mensch, il faut garder un peu de nuance : lorsqu’il déclare qu’il ne reste que deux ou trois ans pour ne pas rater le coche, il parle en tant qu’opérateur qui a intérêt à développer très vite son activité sur son marché.