Dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, la course contre la montre est lancée pour atteindre l’accès universel à l’électricité d’ici 2030. Au Burkina Faso, le secteur privé est en première ligne des efforts.
Au Burkina Faso, un projet de centrale thermique a reçu, le 8 juillet 2026, un soutien de 60 millions de dollars (environ 52 millions d'euros) de l’Africa Finance Corporation (AFC), principal fournisseur de solutions d’infrastructure sur le continent. Ce financement a été accordé à la société turque Aksa Energy, chargée de développer et d’exploiter l’installation.
D’une capacité de 119 MW, l’infrastructure deviendra à terme la plus importante centrale électrique du pays. Selon l’AFC, sa mise en service devrait intervenir en 2027. L’installation qui fonctionnera au fuel-oil repose sur un modèle classique de financement adossé à un contrat d’achat d’électricité sur 20 ans, signé avec la Société nationale d’électricité du Burkina (Sonabel).
Un nouvel atout pour le secteur énergétique
Avec cette centrale thermique, le Burkina Faso espère augmenter sa production domestique pour répondre à une demande qui devrait augmenter entre 7,3% et 10,9% par an entre 2022 et 2040.
Dans un pays où le mix énergétique reste largement dominé par le thermique (70%), l’ajout de nouvelles capacités de production devrait notamment réduire la dépendance vis-à-vis des importations.
En effet, selon la Banque africaine de développement (BAD), le pays a dû importer de l'électricité auprès des pays voisins (84,6% venant du Ghana et la part restante de la Côte d’Ivoire et du Togo), couvrant 48,9% de l'énergie consommée en 2024 contre 58,2% en 2023.
Cette dépendance régionale rend le pays vulnérable aux aléas de disponibilité chez ses voisins, aux contraintes de transport et aux tensions sur les prix. Au-delà de l’augmentation de l’offre, cette infrastructure peut jouer un rôle stratégique dans l’amélioration du taux d’électrification national, encore relativement faible.
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En 2024, d’après la BAD, le taux d’accès à l’électricité n’était que de 34,2 % au niveau national, avec de fortes disparités entre les zones urbaines et rurales (respectivement 87,8% en milieu urbain et 10,2% en milieu rural).
« Le Burkina Faso représente une étape importante dans notre engagement à long terme envers l’Afrique. Avec l’AFC, nous mettons en place une infrastructure énergétique essentielle qui renforcera la sécurité énergétique, soutiendra le développement économique et améliorera la fiabilité de l’approvisionnement en électricité pour des millions de personnes », s’est réjoui Cemil Kazanci, président d’Aksa Energy.
Des objectifs énergétiques ambitieux
Le projet arrive dans un contexte où les autorités nourrissent de fortes ambitions dans l’énergie dans les prochaines années.
Selon le Pacte national de l’énergie 2026-2030, le pays vise l’accès à l’électricité pour 17,9 millions de personnes supplémentaires d’ici 2030, dont 11,1 millions en milieu rural. Il veut aussi porter le taux d’électrification urbaine à 100% et celui du monde rural à 70,7% à l’horizon 2030.
À cela s’ajoute une volonté de montée en puissance des énergies renouvelables, avec une capacité solaire installée appelée à passer de 228 MWc en 2024 à 887 MWc en 2030.
Au total, pour la mise en œuvre de cette feuille de route, le secteur privé devrait apporter 7,4 milliards de dollars dans les domaines de la production, du transport et de la distribution d’énergie alors que les partenaires stratégiques mobiliseront 2,4 milliards de dollars sous forme d’appuis divers et l’État, une enveloppe de 493 millions de dollars.