En Espagne comme en France, Orange profite de la consolidation des télécoms

Devant le siège d'Orange à Issy-les-Moulineaux en 2024. REUTERS/Gonzalo Fuentes
GFM - REUTERS - GONZALO FUENTES - GONZALO FUENTES

Devant le siège d'Orange à Issy-les-Moulineaux en 2024. REUTERS/Gonzalo Fuentes
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C’est un joli coup que vient de conclure Orange en Espagne, ce 31 octobre. En annonçant mettre bientôt la main sur la totalité de l’opérateur MasOrange, le groupe français s'assure la place de numéro deux des télécoms de ce pays, juste derrière l’historique Telefonica avec 7,5 milliards d’euros de bénéfices avant intérêts et impôts. Il va surtout devenir numéro un en nombre d’abonnés avec 31 millions de clients fixe et mobile. Le résultat d’une stratégie mûrement réfléchie. Patience et longueur de temps …
En difficulté dans ce pays très compétitif, Orange avait d’abord initié dès 2022 un mariage avec son rival Masmovil. Après 18 mois d’examen des autorités de la concurrence à Madrid et Bruxelles, la fusion avait enfin été autorisée en février 2024. Elle avait alors donné lieu à la création de MasOrange, une coentreprise détenue à 50% par Orange et l’autre moitié par le fonds d’investissement Lorca appartenant à KKR, Cinven et Providence Equity Partners.
Une simple étape pour Orange qui n’avait jamais vraiment caché son intention de prendre le contrôle de la totalité de l’entité à moyen terme. « L’Espagne est notre deuxième marché et un élément essentiel de notre stratégie. Nous avons toujours eu en tête de récupérer MasOrange », fait-on valoir, aujourd’hui, chez l’opérateur. Cet accord signé vendredi dernier avec Lorca est donc le point d’orgue d’un processus de longue haleine dont il sort aujourd’hui gagnant.
Certes, l’accord conclu avec Lorca est non engageant mais les deux parties se sont déjà entendues sur le montant d’acquisition fixé à 4,25 milliards d’euros. Voilà pourquoi l’opérateur français est si confiant dans sa capacité à finaliser l’opération rapidement, d’ici la fin du premier semestre 2026. Cerise sur le gâteau, Telefonica oeuvre de son côté à mettre la main sur Vodafone, ce qui laisse espérer à moyen terme « des synergies supplémentaires en cas de nouvelle consolidation du marché espagnol », souligne dans une note Stéphane Beyazian, analyste chez Oddo BHF.
Ce passage à l’acte du groupe Orange en Espagne est loin d’être une surprise mais il est arrivé plus vite que prévu. Exactement comme l’offre de rachat déposée conjointement par Bouygues Telecom, Free et Orange pour reprendre la plupart des actifs de SFR, le 14 octobre dernier. D'ailleurs, Orange a été moteur dans les négociations, sa directrice générale Christel Heydemann étant la première dirigeante du secteur en France à déclarer officiellement désirer la consolidation et à reconnaître des discussions en cours.
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« C’est normal, c’est lui qui a le plus à gagner d'une cession de SFR », pointe malicieusement l’un de ses concurrents, rappelant que Orange est le plus gros acteur du marché français. Par ailleurs, l'opérateur historique ne devrait reprendre que 27% de la valeur de SFR contre 43% pour Bouygues Telecom et 30% pour Free. « En rachetant la plus petite part, c’est Orange qui prend le moins de risques financiers», observe un expert financier. L’idée qu'il serait le grand gagnant d'une consolidation en France ne fait toutefois pas l’unanimité.
« Il faudrait savoir qui reprend quoi exactement dans les actifs. Bouygues et Free pourraient bien, eux aussi, être les grands gagnants car ce sont eux qui devraient réaliser les plus gros gains en synergie », souligne un analyste. En attendant, la simple perspective que cette consolidation se fasse un jour profite à plein à Orange. Depuis le début de l’année 2025, le cours de l’action de ce poids lourd du CAC 40 est passé de 9,44 à 14 euros à son plus haut, ce 3 novembre, progressant de 48,83%.