Alors que la chute de l’américain Spirit Airlines a été accélérée par la flambée du prix du kérosène, d’autres compagnies aériennes pourraient se trouver rapidement dans le rouge. Faillites, dépôts de bilan et rapprochements pourraient intervenir dans les prochains mois, dès la saison estivale passée.Après Spirit, à qui le tour ? Alors que la fermeture de la compagnie aérienne américaine – actée samedi 2 mai – n’a pu être évitée, les regards se tournent déjà vers d’autres opérateurs. Car la flambée du kérosène, si elle devait se maintenir des mois durant, risque d’envoyer au tapis certains acteurs. « La dynamique actuelle pourrait accélérer la consolidation du secteur et potentiellement entraîner des faillites parmi les opérateurs les plus vulnérables, renforçant ainsi les tendances observées lors des précédentes crises du secteur aérien », assure Dan Taylor, expert aérien pour le cabinet IBA, dans une note d’analyse publiée lundi 27 avril.
À la faveur du maintien à un niveau élevé du prix du kérosène depuis le blocage du détroit d’Ormuz fin février, le scénario de la chute de plusieurs compagnies prend corps. « Il y a un mois, on pouvait encore parier sur une augmentation du prix du kérosène temporaire, explique Tristan Thiebaut, expert aérien chez Archery Strategy consulting. On s’installe désormais dans une période où le prix du kérosène va rester durablement élevé. Ce qui pourrait faire mourir des compagnies aériennes. Plusieurs acteurs ne pourront tenir le choc très longtemps, beaucoup vont fermer la porte ou être rachetés. » Le patron de Delta Air Lines, Ed Bastian, ne dit pas autre chose, comme l’a relevé le Financial Times, jeudi 30 avril : « Je pense que l’on assistera à une certaine rationalisation… bien avant la fin de l’année ».
Une facture carburant insoutenable
Il faut dire que la facture devient très salée pour les acteurs de l’aérien, et fait même tanguer les compagnies les plus solides. Le prix du kérosène s’établissait mi-mai – en moyenne hebdomadaire – à 1 430 dollars la tonne, soit un doublement en un an, d’après les dernières données fournies par l’Association du transport aérien international (IATA). Alors qu’Air France estime le surcoût du carburant à 2,4 milliards d’euros cette année, American Airlines table pour sa part sur 4 milliards de dollars supplémentaires et craint d’afficher des pertes sur l’ensemble de l’année. Les compagnies se préparent toutes à réviser leurs objectifs financiers cette année, croisant les doigts pour que les hausses des prix des billets d’avion limitent la casse.