Début mai, le Premier ministre s'est laissé un mois pour trancher sur le mode de financement des lignes à grande vitesse dans le Sud-Ouest. Les collectivités font pression pour maintenir un système 100 % public, sans quoi certaines pourraient revoir leur mise à la baisse. À commencer par le département des Landes.
Le 7 mai, Sébastien Lecornu posait le pied à Toulouse avec deux constats. D'abord, pour dire que le projet de ligne ferroviaire à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse était devenu «irréversible», bien que les appels d'offres pour réaliser le chantier n'aient pas encore été publiés. Ensuite, pour abonder 410 millions d'euros de l’État afin de permettre à SNCF Réseau, maître d'ouvrage, de poursuivre ses opérations.
Les collectivités financeuses en auraient voulu plus, rêvant d'entendre le Premier ministre confirmer l'idée d'un financement 100 % public. Mais non, celui-ci s'était alors donné un mois pour trancher. Depuis, rien.
À l'heure de l'enlisement budgétaire national, la participation de l’État au grand dessein ferroviaire du Sud-Ouest n'a plus rien d'automatique. Pourtant décidée en 2021, elle prévoyait d'abonder 40 % d'un plan de financement global estimé à 14 milliards d'euros pour ériger des lignes nouvelles au départ de Bordeaux vers Toulouse puis vers Dax. Les 5,6 milliards d'euros promis à l'époque par Jean Castex, alors Premier ministre, sont en suspens.
Sébastien Lecornu doit donc enfin arbitrer entre une concorde qui resterait 100 % publique, restreinte aux collectivités, à l'État et à l'Europe, ou la bascule dans un modèle de partenariat public-privé qui ferait exploser la facture.
Plus d'un mois après, toujours pas de prise de position officielle. Dans les ministères, les débats font rage entre les partisans d'une maîtrise totalement publique, évitant de concéder une nouvelle infrastructure au privé après la ligne Tours-Bordeaux, et les tenants de la rigueur budgétaire qui y voient l'occasion de soulager les comptes de l'Etat à court terme.
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