Prévue pour ouvrir en 2030, la future autoroute A154 suscite de nombreuses critiques de la part des opposants à ce projet estimé à 1 milliard d’euros. L’État et les deux agglomérations concernées applaudissent au contraire des deux mains.Fluidifier en contournant les rocades de Chartres et de Dreux, les deux principales villes d’Eure-et-Loir, tout en développant leurs pôles économiques grâce à l’amélioration des liaisons avec Rouen à l’ouest et avec Orléans au sud.
Les objectifs de la future autoroute A 154, qui traversera le département sur quelque 97 kilomètres, ont été rappelés lors de l’annonce de l’entrée en négociations exclusives de l’Etat avec Vinci, le 20 février dernier à la préfecture d’Eure-et-Loir. La compagnie a ainsi été préférée aux deux autres concessionnaires en lice. Il s’agirait notamment du groupe NGE via sa filiale Autura. La Société des autoroutes du Nord et l’Est de la France (Sanef) aurait quant à elle jeté l’éponge.
Concrètement, le nouveau tronçon comprendra une soixantaine de kilomètres de voies nouvelles, permettant notamment de contourner les agglomérations chartraine et drouaise. Le reliquat, soit moins de quarante kilomètres, empruntera l’actuelle RN 154 qui sera réaménagée. Avec un coût estimé à 1,3 milliard d’euros, à la charge du futur concessionnaire, l’A154 sera en principe achevée d’ici cinq ans.
« Vu le montant très conséquent du projet, le prix du péage entre Chartres et Dreux sera onéreux, sans doute de l’ordre de neuf euros, déplore Caroline Duvelle, porte-parole du Collectif contre l’A 154. A la clé, un impact financier estimé à 2 000 euros par an pour les navetteurs quotidiens ».
Désengorger l’agglomération chartraine
Face aux opposants, Jean-Pierre Gorges, le président de Chartres métropole et maire de la ville depuis 2001, défend ce projet qu’il a lui-même initié il y a 24 ans. « Dans les faits, les automobilistes euréliens bénéficieront d’abonnements et de réductions substantielles, assure le premier édile. L’A154 permettra surtout aux agglomérations chartraine et drouaise, actuellement embolisées par le trafic de poids lourds, d’être enfin fluidifiées au bénéfice de tous les habitants qui supportent aujourd’hui cette pollution ». Un argument écologique qui vient s’ajouter à un autre, de nature économique. Grâce à la future autoroute, la zone traversée bénéficiera à terme par ruissellement de l’arrivée de nouvelles entreprises, selon Jean-Pierre Gorges.