Le président américain supprime la réglementation qui devait fortement réduire la consommation des véhicules, et donc leurs émissions de gaz à effet de serre. Antonio Filosa, directeur général de Stellantis, salue des mesures tenant compte des « vraies conditions du marché ».Les constructeurs automobiles américains applaudissent. Heurtés par les droits de douane vis-à-vis du Mexique ou du Canada où ils fabriquent véhicules et composants, GM, Ford et Stellantis ne peuvent cette fois qu’être satisfaits par les décisions de Donald Trump.
« Nous supprimons officiellement les ridicules, contraignants et horribles standards CAFE (économies de carburant moyennes) de Joe Biden, qui imposaient des restrictions coûteuses », a carrément affirmé le président américain cette semaine, avec sa brutalité coutumière, depuis le Bureau ovale de la Maison Blanche. En vigueur depuis 1975, la réglementation CAFE impose des amendes aux constructeurs américains ne respectant pas les normes d'économies de carburant des véhicules.
Cette réglementation s’était durcie sous l’administration de Joe Biden, qui avait imposé une baisse des consommations de 8 % pour les modèles en 2024 et 2025 (par rapport à 2021) et de 10 % sur 2026. Objectif : des véhicules capables de rouler plus de 50 miles avec un gallon d’essence d'ici à 2031 (80 km pour 3,78 litres). Soit un peu plus de 4 litres aux cents. Une mesure très contraignante au pays des Full Size pick-ups. En juin dernier, le ministère américain des Transports avait estimé que cet objectif serait impossible à satisfaire avec des véhicules thermiques et imposerait donc de passer progressivement à l’électrique.
14 milliards d’amendes escomptées
Faute de quoi, l’industrie auto aurait dû s’acquitter de plus de 14 milliards de dollars de pénalités selon les calculs de la National Highway Traffic Safety. Dont trois milliards pour Stellantis. D’ailleurs, ce dernier aurait déjà payé plus de 770 millions de dollars de pénalités depuis 2018 au titre de la réglementation CAFE. En revanche, Tesla déclare avoir tiré l’an dernier 2,8 milliards de dollars de crédits écologiques, vendus par la firme d’Elon Musk aux constructeurs plus polluants dans le monde. Grâce à sa production de modèles 100 % électriques (zéro émission), qui lui donnent ces crédits par rapport aux normes en vigueur.