Les lib-dems pourraient changer la politique britannique

Rencontrant la presse étrangère ce mardi, Nick Clegg, le leader des libéraux-démocrates, refuse d'entrer publiquement dans les négociations d'une possible future coalition. Mais il impose 4 conditions à une coalition, qui pourraient avoir des conséquences majeures sur la politique britannique des prochaines décennies.

Il va falloir se faire à lui. Cravate vert clair, cheveux blonds coupés courts lui donnant un air de premier de la classe, le jeune (43 ans) Nick Clegg attire désormais les regards partout où il va. Ce mardi, après un saut à Chippenham, dans l'ouest rural de l'Angleterre, le leader des "lib-dems" était de retour à Londres pour rencontrer la presse étrangère.

Il y a une semaine, il n'y aurait eu presque personne dans la salle. Ce mardi, elle était comble. Entre les deux, il a réussi la prestation télévisée de sa vie lors du premier débat électoral de l'histoire britannique. Les sondages ont fait un bond: le soutien aux lib-dems est passé de 19-20% à 30-32%. Un tel résultat, s'il tient encore deux semaines et demi jusqu'aux élections, donnerait environ 130 sièges aux lib-dems, tandis que les deux autres partis (conservateurs et travaillistes) auraient chacun environ 240 sièges. Une coalition serait inévitable, et Nick Clegg serait le faiseur de roi.

Un tel scénario pourrait changer à jamais la politiquer britannique. Nick Clegg pose en effet quatre conditions pour rejoindre une coalition. Les trois premières (fiscalité plus équitable, classes plus petites dans les écoles et séparation entre banque d'investissement et banque de détail) sont intéressantes.

C'est cependant la quatrième condition qui compte: une réforme du système électoral. Les lib-dems souffrent depuis longtemps du système uninominal à un tour, qui favorise les partis qui ont des bastions géographiques. En 2005, avec 23% des voix, ils n'ont gagné que 10% des sièges à la chambre des communes. Ils proposent donc l'introduction d'une dose de proportionnel (les électeurs choisiraient plusieurs candidats par ordre de préférence). Cela rééquilibrerait la politique britannique pour très longtemps. Les lib-dems deviendraient beaucoup plus puissants, mais aussi les autres "petits" partis: UKIP (pour le retrait de la Grande-Bretagne de l'Union Européenne); BNP (extrême-droite); verts...

Cela changerait tout. La Grande-Bretagne devrait apprendre à construire des coalitions, et la bataille pour le centre électoral, que se dispute actuellement les trois principaux partis, pourrait laisser place à une radicalisation des idées.

Nick Clegg rappelle qu'en 1951, 95% des électeurs choisissaient les conservateurs ou les travaillistes. En 2005, ce n'était que 70%. Et lors des européennes l'an dernier, qui laisse traditionnellement plus de places aux petits partis, les deux premiers partis n'avaient que 44% des voic. Selon lui, il est plus que temps que cela se reflète à la chambre des Communes. Les électeurs britanniques pourraient lui offrir cela en votant pour lui le 6 mai.


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