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Wall Street ne vote plus Obama

Jérôme Marin, à New York

Publié le 18 avril 2012 à 15:38

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Contrairement à 2008, les financiers américains apportent un soutien massif aux républicains pour les élections de 2012. Ils n'ont pas apprécié la gestion de l'après crise financière par le président démocrate.

L'idylle entre Wall Street et Barack Obama est bel et bien terminée. Déjà en 2010, lors des élections de mi-mandat qui s'étaient soldées par une cuisante défaite pour les démocrates, les financiers américains s'étaient tournés vers les républicains. Les équipes de campagne du président américain espéraient bien reconquérir leur c?ur pour la présidentielle de novembre. Mais à six mois du scrutin, et malgré de nombreuses visites présidentielles à New York, l'objectif est loin d'être atteint.

Au contraire, Wall Street a un nouveau favori: Mitt Romney, vers lequel se dirigent l'essentiel de ses contributions financières. La comparaison est même cruelle pour le locataire de la Maison-Blanche. Fin février, le candidat républicain avait récolté 7,3 millions de dollars de dons auprès des salariés de l'industrie financière. Barack Obama, lui, plafonnait à 2,6 millions. Cela représente moins du tiers des contributions reçues il y a quatre ans à la même époque. L'ancien sénateur de l'Illinois avait finalement levé 15,8 millions de dollars auprès de Wall Street, là où son adversaire, John McCain, n'avait reçu que 9,2 millions.

Cette tendance est parfaitement illustrée par le balancier opéré par les salariés de Goldman Sachs, la prestigieuse banque d'affaires placée sur le banc des accusés après la crise financière de l'automne 2008. Il y a quatre ans, ils avaient donné quatre fois plus d'argent au candidat démocrate qu'à son rival républicain. Cette année, Mitt Romney devance très nettement Barack Obama, avec 518.000 dollars récoltés contre 66.000 dollars pour le président sortant. L'évolution est similaire chez JPMorgan, Bank of America, Morgan Stanley, UBS ou encore Crédit Suisse.

Trahison

L'avance des républicains en termes de contributions financières se manifeste également au sein des super-PAC, ces supers Comité d'action politique créés après la décision de la Cour suprême de lever les restrictions sur le financement des campagnes électorales. "Restore Our Future", le Comité soutenant la campagne de Mitt Romney avait ainsi recueilli, fin février, 16,5 millions de dollars auprès de Wall Street. Celui d'Obama, "Priorities USA Action", n'avait récolté que 68.000 dollars ! A sa décharge, ce Comité n'a obtenu le soutien du locataire de la Maison-Blanche que début février.

Le désamour de Wall Street envers Barack Obama trouve ses racines dans la gestion de l'après crise financière. Sauvée de la déroute grâce aux milliards de dollars d'injections publiques, la Finance américaine n'avait pas apprécié d'être par la suite systématiquement montrée du doigt et stigmatisée par l'administration démocrate. Barack Obama lui-même avait qualifié certains banquiers de "fat cats", une expression vécue comme une insulte et une trahison. A l'opposé, Mitt Romney rassure. C'est un ancien de Wall Street, qui a fait fortune grâce au fonds d'investissements Bain Capital.

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Bilan économique

Au-delà des mots souvent très durs, parfois populistes, des démocrates, les banquiers américains rejettent leur volonté de durcir la régulation financière. Ils dénoncent sans cesse la réforme Dodd-Frank, une réponse qu'ils estiment beaucoup trop radicale et qui menace d'amputer une bonne partie de leurs profits. Les républicains promettent d'abroger ce texte - dont toutes les modalités ne sont pas encore entrées en vigueur, comme par exemple la "Volcker Rule" qui prévoit de limiter le trading pour compte propre des banques - dès leur arrivée au pouvoir.

Enfin, Wall Street est également déçue par le bilan économique de Barack Obama. Si l?administration démocrate bien a hérité d?un contexte économique difficile, elle a aussi été incapable de mettre en place des programmes permettant de relancer l?économie et l?emploi, jugent les financiers américains. Ils privilégient au contraire les solutions républicaines: moins de taxes, moins de dépenses, moins d?État, moins de régulation...

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Actualités, petites phrases, sondages et analyses... Suivez au jour le jour les primaires républicaines et la présidentielle sur notre blog consacré aux élections américaines.

Jérôme Marin, à New York

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