LVMH signe le Women Empowerment Principles

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Illustration de l'artiste américaine Ashley Goldberg
Illustration de l'artiste américaine Ashley Goldberg (Crédits : --)
Le 13 novembre, LVMH réunit ses 150 dirigeants et cadres à haut potentiel pour marquer d'une pierre blanche son engagement international en faveur de l'égalité hommes-femmes.

Le 13 novembre, LVMH entre en séminaire. Mais pas n'importe lequel. A l'issue d'une année de travaux et de réflexions, ses 150 dirigeants et cadres à haut potentiel vont se retrouver sur la thématique des femmes, à l'initiative de Chantal Gaemperle, en charge des Ressources Humaines et Synergies et membre du Comité Exécutif du groupe LVMH.

En clôture de la manifestation, les 30 entreprises* du numéro un mondial du luxe vont apposer leur signature pour s'engager à appliquer la charte des Nations Unies "Women Empowerment Principles" à l'échelle mondiale.

Soutenue par l'association internationale Business Professional Women, la charte WEP s'orchestre autour de 7 principes fondamentaux : l'engagement du Comité Exécutif en faveur de l'égalité, la lutte contre les discriminations de genre, la garantie de la santé et de la sécurité au travail pour les femmes et les hommes, la promotion de l'éducation, de la formation et du développement professionnel des femmes, le soutien de la présence des femmes dans le 'monde' des affaires, la mobilisation des réseaux et la publication des progrès réalisés.

Cette signature témoigne d'une volonté forte du groupe présidé par Bernard Arnault qui emploie 74 % de femmes à l'échelle mondiale, de mener à l'avenir une politique volontariste. Au cours de la journée, des personnalités viendront apporter leurs témoignages et partager leurs expériences avec les 150 dirigeants du groupe. Dont la journaliste Claire Chazal et la chef Anne-Sophie Pic. Christiane Robichon, présidente de BPW France participera bien sûr à l'événement aux côtés de Chantal Gaemperle et de Karin Raguin. Elle nous explique les tenants et aboutissants de cette manifestation.

Pourquoi est-ce aujourd'hui important de continuer à mobiliser les entreprises. Et de concrétiser ainsi, comme le fait aujourd'hui LVMH un engagement fort. Le plafond de verre serait-il indépassable ?

La loi Copé/Zimmermann obligeant les entreprises du CAC 40 à avoir 40 % de femmes dans leur conseil d'administration d'ici 2017 va permettre et il a déjà commencé à briser le plafond de verre. Mais celui-ci reste toujours puissant dans les comités de direction ou comités exécutifs : la présence des femmes dans ces instances dirigeantes est notoirement insuffisante. Afin d'accélérer le mouvement, il conviendrait de proposer une loi pour imposer un pourcentage minimum de femmes dans les comités de direction et comités exécutifs. Imposer des quotas n'est pas une fin en soi mais une étape nécessaire pour accélérer la féminisation dans les instances gouvernantes des entreprises.

Qu'apporte la Charte du Women's Empowerment Pinciples (WEP) en comparaison de la convention signée par certains groupes, dont LVMH, avec la ministre des Droits des femmes, en octobre dernier ?

La dimension mondiale. Et promeut la légitimité sociale des entreprises en tant qu'élément de prospérité universel. Les dirigeants d'entreprise qui s'engagent en signant la charte des WEP's partagent des convictions sur les pratiques commerciales qui s'appuient sur le respect d'un certain nombre de principes qui contribueront à une économie plus équitable et plus ouverte.

 Cette charte sans sanction sans quota sans obligation peut-elle vraiment faire progresser à moyen terme les actions mises en place aujourd'hui ? Comment ?

Oui, car elle s'inscrit dans le cadre du Global Compact qui engage les entreprises à aligner leurs opérations sur des principes reconnus touchant au respect des droits de l'homme, aux normes du travail, à l'environnement et à lutte contre la corruption. Les WEP's n'ont pas pour vocation de contrôler les entreprises ni de leur imposer une activité quelconque mais de favoriser le changement dans les pratiques et d'encourager des solutions et des démarches novatrices.

Pourquoi le marketing de soi est important, particulièrement pour les femmes ?

Trop souvent, les femmes sont persuadées qu'elles seront reconnues ou repérées en raison de la qualité de leur travail, de leur implication et oublient de le faire savoir en interne ou en externe. «  Je fais un excellent travail et j'obtiens de très bons résultats donc "on" va penser à moi et me proposer une augmentation, une évolution de carrière etc. » C'est un leurre. Les femmes ont tendance à minimiser l'impact et l'apport des actions ou des décisions qu'elles prennent dans la réalisation de leur travail quotidien. Savoir communiquer et valoriser son travail et ses réalisations auprès de sa hiérarchie directe ainsi qu'auprès des membres du comité de direction, des clients et partenaires évoluant dans l'écosystème etc... est indispensable pour acquérir une visibilité et une notoriété suffisantes et pouvoir évoluer vers des postes aux comités de direction ou aux comex et ne pas rester cantonner dans des postes de middle-management. 

 

*Les maisons signataires du groupe LVMH sont : Krug, Moët & Chandon, Hennessy, Veuve Cliquot, Estates & Wines, Louis Vuitton, Fendi, Emilio Pucci, Marc Jacobs, Berluti, Christian Dior, Loewe, Givenchy, Acqua di Parma,  Kenzo, Thomas Pink, Parfums Christian Dior, Guerlain, Parfums Loewe,  Make Up For Ever, TAG Heuer, Fred, Chaumet, Dior Montres, Bulgari, Sephora, Le Bon Marché, DFS et Les Echos.

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Commentaires
a écrit le 12/11/2013 à 16:12 :
Avant de prôner l'égalité, ne vaudrait mieux pas de donner l'accès au travail au plus grand nombre ? Je vous rappelle qu'il y a plus de 5 millions de chômeurs incluant les DOM-TOM et hors non-inscrits ou rayés ...
Réponse de le 13/11/2013 à 12:54 :
La dimension féminine est le plus souvent marginalisée - voire absente - de la plupart des réflexions sur la précarité : les femmes sont un exemple parmi d’autres (les femmes, les jeunes ou les vieux). Ce qui fait la particularité de la situation des femmes n’est pas l’objet de réflexions particulières ou est à peine évoqué : on laisse ce terrain aux recherches sur le genre... Or la précarité des femmes et, plus largement, les inégalités entre les femmes et les hommes ont ceci de spécifique qu’elles intègrent de nombreuses dimensions, professionnelles et familiales, collectives et individuelles. Le lien des femmes à l’emploi est déterminé par le fait qu’elles assument toujours en grande partie la responsabilité d’articuler tâches professionnelles et familiales. La relation au marché du travail et la relation à la famille sont intimement reliées.

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