Rio Tinto recrache le morceau

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(Crédits : Gael Vautrin)
Six ans après le rachat de Pechiney par Alcan, Rio Tinto, qui avait entre temps, avalé le canadien cède aujourd'hui 61 % des restes de cet ancien étendard industriel français au fonds Apollo et au FSI. Retour à la case départ.

Tout ça pour ça serait-on tenté de dire ... Mais ce qui est fait, est fait. Alcan EP qui comprend pour une grande part les actifs industriels de l'ex-Pechiney reprend aujourd'hui son autonomie en étant racheté par le fonds Apollo et le FSI (Fonds Stratégique d'Investissement) qui vont respectivement en détenir 51 % et 10 %. Le solde des 39 % restant aux mains de Rio Tinto. A regarder le chemin parcouru depuis six ans, depuis que Pechiney l'ancien champion français de l'aluminium a été racheté par le canadien Alcan à l'issu d'une importante bataille, on ne peut que se dire : quel gâchis ! Car entre temps, le champion national tricolore a été en partie désossé, éviscéré. Sacrifié sur l'autel du gigantisme sidérurgique et minier qui prévalait avant la crise financière. Un gigantisme attisé en partie par la bulle spéculative qui a fait grimper les cours des matières première jusqu'au ciel. Un vrai jeu de poupées russes où les plus gros gobaient les plus petits ... Jusqu'à l'indigestion. L'acquisition de trop. Surpayée avant la crise. Celle d'Alcan par Rio Tinto. Indigestion qui a même failli faire flancher le numéro deux mondial. Et dire qu'à l'époque BHP Billiton, le numéro un, voulait avaler ce dernier tout rond via une OPA historique qui dépassait les 140 milliards de dollars !

Face aux besoins de la Chine, ces deux mastodontes ont les yeux plus gros que le ventre. Heureusement que la crise leur a remis les pieds sur terre ... Au moins temporairement. Car maintenant que cela va mieux, maintenant que les cours ont repris de l'allant, que Rio Tinto voit ses bénéfices semestriels multipliés par près de quatre à 5,84 milliards de dollars (le plus élevé depuis dix ans !) comme il en a fait état aujourd'hui et que son endettement a été ramené de 39 à 12 milliards de dollars ... Bref, maintenant que la crise n'est plus qu'un mauvais souvenir, le risque d'amnésie guette cette industrie. Une amnésie si facile et si nécessaire. Refaire les mêmes erreurs que par le passé. Etre à nouveau atteint par la folie des grandeurs. On n'en est pas encore là. Mais Rio Tinto semble tout de même repartir à l'offensive et entend augmenter l'an prochain ses investissements de 50 % pour les porter à 9 milliards de dollars ... Que l'on se rassure, pour le géant australien cela ne reste qu'un encas !

 

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