EDF, succès obligataire éclair
Fabio Marquetty
Fabio Marquetty
Presque la moitié d'une vie. C'est sur cette période que les investisseurs ont accepté de financer 1 milliard de livres sterling (soit 1,2 milliard d'euros) de dette obligataire émise par EDF outre-Manche et recouvrable dans 40 ans. Et cela, pour un taux d'emprunt de 5,125%, soit près de 110 points seulement au-dessus des "gilt", les obligations à long terme britanniques de maturité voisine, à savoir 30 ans.
Réalisée hier, l'opération est d'autant plus notable que le placement était déjà sursouscrit 1, 6 fois deux heures seulement après le début du placement. On peut comprendre l'enthousiasme des opérateurs. Au moment où ces derniers n'hésitent plus à parler de décennie perdue pour les actions, la seule rémunération annuelle induite par le versement du coupon, garantit, à moins d'un défaut de paiement pour le moins improbable d'EDF, la perspective d'un rendement de 50% sur dix ans. Avec au passage, la possibilité pour le groupe d'étaler la charge de son endettement moyen dans le temps.
Plus globalement, cette nouvelle émission traduit bien la tendance des entreprises à privilégier le marché obligataire plutôt que le compartiment des actions pour lever des fonds. Pour l'émetteur, il s'agit d'éviter le risque d'une trop forte dilution à l'heure où les indices continuent de naviguer à des niveaux relativement bas. Tout en surfant sur la cote de popularité grandissante des obligations d'entreprises. Les 6% de gains enregistrés par cette classe d'actifs depuis début janvier alors que les bourses européennes ont, dans le même temps, flanché de près de 5%, illustrent bien le propos.
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Fabio Marquetty
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