La science inexacte de la prévision des risques de Davos

Le rapport annuel sur les risques du World Economic Forum a été publié début janvier.
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Les inégalités sociales, les déséquilibres économiques mondiaux, la hausse des émissions des gaz à effet de serre, les cyberattaques et les crises d'accès à l'eau : voilà les cinq plus importants dangers qui menacent la planète pour 2012, selon le rapport annuel sur les risques du World Economic Forum (WEF), l'instance qui dirige le sommet de Davos. Autant de prédictions relativement peu surprenantes, qui posent une question : à quoi sert ce genre d'exercice ? Et pour commencer, est-il exact ?
Depuis presque une décennie que le WEF réalise ces rapports, il peut se prévaloir de quelques belles réussites. Le danger des bulles financières a été mis en avant dès 2004, par exemple. Les risques d'un effondrement des actifs financiers étaient mis en avant en 2008, 2009 et 2010. La prévision est parfois un peu prématurée, mais plutôt bien vue : l'instabilité au Moyen-Orient était mise en en avant dès 2008.
Il y a aussi eu quelques importantes erreurs. La prévision d'un crash économique en Chine en 2008 ne s'est pas réalisée. L'inquiétude autour d'un effondrement des systèmes de communication en 2007 relève toujours de la théorie. Et les dangers d'une exubérance financière en 2010 à cause de l'excès de liquidité ne se sont pas concrétisés.
Les auteurs du rapport se défendent en soulignant qu'ils ne font pas des prédictions, mais des probabilités. Leur travail est un sondage auprès de 469 experts issus d'entreprises, de gouvernements, d'universités et de la société civile, auxquels sont soumis une cinquantaine de risques qu'ils doivent classer par ordre de probabilité et d'impact pour les dix années à venir. La conséquence de cette approche est qu'il est parfois délicat d'en tirer des priorités. " Avec autant de risques, il est difficile de dire lesquels sont vraiment les plus importants ", reconnaît Lee Howell, qui supervise le rapport.
Dans ces conditions, à quoi sert cet exercice annuel ? " Notre travail est de faire prendre conscience des risques ", indique David Cole, directeur des risques au réassureur Swiss Re, très impliqué dans la rédaction du rapport. Avec parfois des actions concrètes qui s'ensuivent. " L'an dernier, l'une des prévisions était la hausse des catastrophes naturelles, explique John Drzik, directeur du cabinet de consultants Oliver Wyman, et également impliqué dans la rédaction du rapport. Une conséquence de ce risque est une augmentation de la volatilité du prix des matières premières. Nous avons donc décidé de mieux nous concentrer sur ce sujet, pour pouvoir apporter nos conseils dans ce domaine. "
Le rapport, qui précède le forum de Davos -cette année du 25 au 29 janvier- est aussi à destination des dirigeants de la planète, pour les pousser à l'action. " Quand nous parlons aux leaders politiques mondiaux, ils sont généralement conscients de ces dangers, mais ils manquent de volonté pour vraiment coopérer entre eux pour y faire face ", souligne Lee Howell.

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