Saga Africa à Davos

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Encore plus que l'an dernier, les impressionnantes performances de l'Afrique (5% de croissance moyenne en 2011 et 2012) sont regardées avec envie à Davos. Le Forum économique mondial accorde donc de plus en plus de temps et de place aux dirigeants africains. "Je suis là essentiellement pour ça" nous confie Jacques Attali le fondateur de Planète Finance. De passage à Davos ce vendredi, Pierre Moscovici le ministre des finances français s'est "réjouis que l'Afrique soit à l'honneur à Davos. c'est le signe éclatant de l'émergence de ce continent".

Mercredi, dés l'ouverture de Davos, c'était donc la Africa Pride dans le Congress Center avec des interventions très fortes et écoutées de Jacob Zuma, président de l'Afrique du Sud, de Goodluck Ebele Jonathan, président du Nigéria ou de Paul Kagamé, celui du Rwanda. Certes, la crise malienne a occupé les esprits et les Africains présents n'ont pas rompu le consensus en faveur de l'intervention de la France, pour éviter tout risque de contagion à ce qui reste encore un conflit local lié à des problèmes anciens de frontières et de statut du peuple Touareg.

Mais ce que les dirigeants africains sont venus dire à Davos n'avait rien à voir avec les problèmes certes graves de l'heure au Sahara. Ils en ont assez que l'Afrique soit vue comme une terre de risque politique et l'ont fait savoir bruyamment. "Est-ce vraiment plus risqué d'investir en Afrique que n'importe où ailleurs dans le monde ?", a tonné Jacob Zuma. Les dirigeants africains, enfin les representants de l'Afrique de l'Est, anglophone, sont là clairement pour faire du business et prévenir l'occident que le train de la croissance africaine était bien parti et que ceux qui ne monteront pas dedans le regretteront car il sera alors trop tard.

Le poids démographique croissant de l'Afrique est devenu un argument de vente. 500 millions d'africains sont sortis de la pauvreté et le potentiel est là pour en sortir les autres 500 miillions qui feront de l'Afrique le marché le plus dynamique en terme de consommation dans les décennies à venir. D'autant que le continent dépassera les 2 milliards d'habitants en 2050 et s'urbanise à toute vitesse, avec tous les équipements collectifs y afférent pour ses villes.

Ayant le deuxième taux de croissance le plus rapide du monde, l'Afrique a donc commencé à décoller et sa présence en force à Davos signe cette nouvelle donne. En 2013, la croissance serait de 5,3% selon les prévisons du FMI et les plus optimistes se prenne à rêver d'un doublement dans les dix ans pour atteindre le niveau de la chine des années 2000. La plupart des grands pays ont atteint la stabilité politique, en particulier en Afrique de l'Est, mais il demeure de nombreux défis à relever en terme de gouvernance politique, de réforme des institutions pour progresser vers la démocratie et lutter contre la corruption. La Saga Africa reste encore à écrire.

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