CDG Express: bientôt Paris à 20 minutes de Roissy

Jean-Pierre Gonguet

Jean-Pierre Gonguet
Le 10 janvier 2014, Cécile Duflot, alors ministre du Logement, s'est énervée. Peu après 9 heures, une panne a bloqué le RER B pendant un quart d'heure. Habituel. Sauf que, à peine réparée, la ligne est tombée en rade à cause de caténaires défectueuses.
Plus possible de quitter Roissy par le rail (le trafic sera bloqué jusqu'à 19 heures). Et cela s'est compliqué encore car le préfet de Seine-Saint-Denis a, de son côté, entrepris l'évacuation d'un camp de Roms.
En quelques minutes, l'A1 s'est retrouvée totalement paralysée par les mouvements croisés de Roms et de forces de l'ordre d'une part, et de l'autre par l'incendie qui se déclenche dans le camp juste sous les piles de l'autoroute. Roissy est alors totalement coupé du monde pendant des heures.
Certes, les forces de l'ordre ne bloquent pas l'A1 tous les jours. Mais accéder à Roissy par l'autoroute ou par le RER s'apparente souvent à un cauchemar. Le RER B - quand il marche - est irrégulier, lent, inconfortable, et totalement inadapté au transport de voyageurs avec bagages.
L'A1, elle, est l'autoroute la plus fréquentée d'Europe. Aux heures creuses, si l'on est béni des Dieux, il faut compter 40 minutes pour accéder à l'aéroport à partir du centre de Paris. Mais, au plus petit bouchon, au moindre froissement de tôles, c'est 2 heures. Un camion en travers de la voie, et c'est la matinée.
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Les Parisiens le savent. Les Chinois aussi, c'est ça l'ennui !
Un visiteur un peu futé et avide de tranquillité peut même atterrir à Schiphol (plébiscité dans toutes les enquêtes pour la qualité de sa desserte) et s'asseoir dans un Thalys, direction la gare du Nord. Il est sûr d'arriver tranquillement, et ne mettra guère plus de temps.
Le vieux projet du CDG Express est donc devenu essentiel pour Aéroports de Paris. L'idée a déjà vingt ans, mais tout le monde a été contre à un moment ou à un autre de l'histoire. Peu aimé par la gauche qui, de Bertrand Delanoë à Jean-Paul Huchon, y a souvent vu un « train pour les riches » réalisé au détriment des « trains du quotidien » et de la rénovation du RER B, longtemps refusé par les riverains, pas franchement défendu par la droite à cause de son coût assez faramineux et de sa trop faible rentabilité (Vinci a jeté l'éponge officiellement pour ce motif ), le projet a même parfois été oublié par Aéroports de Paris qui, bien que client privilégié, a longtemps refusé de le financer.
Un dossier beaucoup trop compliqué, dans lequel trop de parties prenantes avaient leur mot à dire. Jusqu'au jour où Guillaume Pépy, comprenant enfin que la SNCF était un boulet dans cette histoire, s'est retiré. Dans la foulée, Augustin de Romanet, nouveau président d'ADP, annonçait son intention de mettre la main au portefeuille.
Dit autrement, seul ADP peut assurer la cohérence de l'ensemble : ce sera donc un projet ADP qui ne desservira que Roissy. Un train toutes les 15 minutes entre la gare de l'Est et l'aéroport, un parcours de 20 minutes, avec du confort et aucun arrêt. L'idée, un peu comme à Hongkong, est que le passager soit dans un environnement aéroportuaire dès qu'il met le pied sur le parvis de la gare de l'Est.
Quant au financement, c'est clair, il va falloir trouver près de 2 milliards d'euros pour le projet sur les marchés. Après, pour l'exploitation, il va falloir faire payer les 7 millions de passagers annuels attendus mais aussi, probablement, une « taxe » d'un euro pour les passagers de Roissy, sauf ceux qui ne sont qu'en transit. ADP, contrairement à ce que lui suggèrent certains, n'augmentera pas le prix des parkings à Roissy :
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