Wall Street en légère baisse malgré le rebond de la confiance des consommateurs

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Les places américaines ont légèrement reculé mardi, hésitant entre les nouvelles inquiétudes sur le secteur bancaire et le fort rebond de la confiance des ménages. Le Dow Jones perd ainsi 0,10% à 8.017 points, le Nasdaq recule de 0,33% à 1.674 points et le S&P 500 cède 0,27% à 855 points.

Wall Street a accusé une légère baisse mardi au terme d'une séance volatile pendant laquelle les indices ont navigué autour de l'équilibre, pris entre deux eaux. D'un côté, la forte hausse de la confiance des consommateurs laisse entrevoir une conjoncture économique moins noire que redoutée, relançant les espoirs d'une reprise avant la fin de l'année. Mais de l'autre, l'état de santé des banques restent toujours au coeur des inquiétudes alors que Washington aurait demandé à Bank of America et à Citigroup de renforcer leur capital. En outre, l'épidémie de grippe porcine n'incite pas à l'optimisme. D'autant que les résultats du jour sont mitigés.

Le Dow Jones perd ainsi 0,10% à 8.017 points, le Nasdaq recule de 0,33% à 1.674 points et le S&P 500 cède 0,27% à 855 points.

Sur le front des statistiques, la confiance des consommateurs mesurée par l'institut privé de conjoncture du Conference Board a fortement progressé en avril avec un indice de 39,2. Les économistes n'avaient pas anticipé un rebond d'une telle ampleur, ne misant en moyenne que sur un indice de 29,8. En outre, le chiffre du mois de mars a été revu à la hausse, passant de 26 en estimation initiale à 26,9. Cette évolution rassure les marchés, sur lesquels certains opérateurs espèrent toujours une reprise de l'économie américaine avant la fin de l'année, la consommation étant le moteur traditionnel de la croissance.

Par ailleurs, les prix des maisons dans les vingt principales agglomérations américaines ont de nouveau chuté de 18,6% en février, par rapport à l'an passé. Ils avaient déjà reculé de 19% en janvier, un niveau record. Cette baisse est conforme aux prévisions des économistes. C'est la première fois depuis octobre 2007 que les prix des logements mesurés par l'indice Case-Shiller n'enregistrent pas une baisse record. Sur un mois, le repli s'élève à 2,2% après une baisse de 2,8% en janvier.

Du côté des valeurs, Bank of America et Citigroup s'affichent en nette baisse, perdant respectivement 8,63% à 8,15 dollars et 5,86% à 2,90 dollars. Les deux banques pourraient être contraintes à lever des capitaux à la demande des autorités américaines, affirme ce mardi le Wall Street Journal. Renflouée à deux reprises par l'Etat, elles ne disposeraient toujours pas d'assez de liquidités pour faire au ralentissement de l'économie américaine, selon les tests de résistance (stress tests) effectués ces dernières semaines. Les deux établissements avaient rejeté au début du mois l'hypothèse d'une recapitalisation alors que les rumeurs de marché s'amplifiaient, pénalisant fortement leurs actions. Dans leur sillage, l'ensemble des valeurs financières est à la peine. Wells Fargo recule de 4,04% à 19,48 dollars. Les marchés estiment que le groupe de San Francisco pourrait également être concerné par une levée de fonds.

La banque spécialisée dans le conseil en fusions/acquisitions Lazard plonge de 9,81% à 28,22 dollars. L'établissement a perdu 86 millions de dollars au premier trimestre, en raison notamment de charges de restructuration. Hors éléments exceptionnels et à périmètre constant, la perte ressort cependant à 26 cents par action, alors que les analystes tablaient sur un bénéfice de 31 cents. Le produit net bancaire, l'équivalent du chiffre d'affaires, a chuté de 21%, tombant à 277 millions de dollars. Les marchés avaient anticipé un PNB de 342 millions.

IBM progresse de 1,99% à 101,94 dollars. Le groupe informatique a annoncé ce mardi soir qu'il allait porter son dividende trimestriel à 55 cents par action, contre 50 cents précédemment. Malgré la morosité de la conjoncture, il procède ainsi à une augmentation la rémunération de ses actionnaires pour la quatorzième année consécutive. Big Blue va par ailleurs procéder à un nouveau programme de rachat d'actions, pour un montant de 3 milliards de dollars. Cette somme s'ajoute aux 3,7 milliards de dollars non utilisés d'un précédent plan de 15 milliards annoncés en février 2008.

Sur le secteur pharmaceutique, Pfizer perd 0,74% à 13,39 dollars. Le premier laboratoire mondial a fait état d'une baisse de 2% de son bénéfice au premier trimestre, à 2,7 milliards de dollars. Par action, cela représente 54 cents une fois les éléments exceptionnels exclus, soit 5 cents de mieux que les attentes des marchés. Le chiffre d'affaires est en revanche inférieur d'un milliard de dollars au consensus, à 10,8 milliards. Pfizer a par ailleurs maintenu ses prévisions de résultats sur l'ensemble de l'année, tablant sur un bénéfice par action (BPA) compris entre 1,85 et 1,95 dollar et sur des ventes de 44,46 milliards de dollars. Les analystes sont plus optimistes, misant respectivement sur 1,95 dollar et 46,09 milliards.

Bristol-Myers Squibb recule pour sa part de 4,33% à 19,65 dollars. Le groupe pharmaceutique américain a dégagé des profits de 638 millions de dollars au cours des trois premiers mois de l'année, en baisse de 3,5% sur un an. Hors exceptionnels, le BPA est conforme aux attentes à 48 cents. Le chiffre d'affaires est ressorti en hausse de 3% à 5 milliards de dollars. Le laboratoire a lui aussi confirmé ses objectifs annuels, misant sur des profits allant de 1,85 à 2 dollars par action et sur une croissance de ses revenus inférieure à 5%.

US Steel chute de 5,63% à 26,15 dollars. Le premier sidérurgiste américain est tombé dans le rouge au premier trimestre et a accusé une perte nette de 439 millions de dollars. Ce déficit est bien plus élevé que ne l'attendaient les analystes, s'élevant à 3,78 dollars par action et hors exceptionnels contre un consensus de 1,62 dollar. Dans un contexte d'une forte contraction de la demande, ses ventes ont chuté de 47% sur la période, à 2,75 milliards de dollars. En outre, le groupe a prévenu qu'il devrait afficher une nouvelle perte au deuxième trimestre.

A l'opposée, Office Depot grimpe de 11,46% à 2,82 dollars. Le distributeur de fournitures de bureau a nettement dépassé les attentes au cours des trois premiers mois de l'année, voyant sa perte se réduire à 55 millions de dollars, contre 1,5 milliard de dollars lors du trimestre précédent. Hors exceptionnels, le numéro deux américain du secteur affiche un bénéfice par action de 10 cents, là où les analystes escomptaient au contraire un déficit de 10 cents. Le groupe a compensé la baisse de ses ventes (-19% sur la période à 3,2 milliards de dollars) par des efforts accrus de réduction de ses coûts.

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