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Pascale Besses-Boumard

Publié le 18 avril 2012 à 16:46 - Mis à jour le 18 avril 2012 à 16:53

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Les places européennes ont à nouveau broyé du noir mercredi après une belle reprise mardi. Les investisseurs ont vraiment du mal à se faire une religion alors que la situation de l'Espagne est plus que préoccupante.

Qu?il est difficile aujourd?hui pour un investisseur de se faire une religion. Après le quasi mouvement de panique de vendredi et le rebond d?hier, les indices sont repartis à la baisse ce mercredi. Et pourtant, depuis la fin de semaine dernière rien n?a radicalement changé. Surtout, aucun élément majeur déterminant n?a émergé. Mais voilà. Un coup les opérateurs dépriment, un coup ils sont prêts à acheter n?importe quel dossier. On se demande bien pourquoi. Car mardi, il n?y avait aucune raison objective pour positiver. Certains ont cru voir dans la forte demande pour les titres espagnols, une rémission de la crise. C?était effectivement aller un peu vite en besogne au regard des taux pratiqués pour cette opération d?adjudication à court terme. Sur l'échéance à 12 mois, les taux se sont élevés à 2,623% contre 1,418% lors de la dernière opération, et à 3,110% sur l'échéance à 18 mois contre 1,711% précédemment.

Créances douteuses au plus haut en Espagne

Et la preuve que rien n?est résolu, l?Espagne a annoncé ce matin que le taux de créances douteuses des banques locales n?avait jamais été aussi élevé depuis 18 ans. D?où le retour massif des vendeurs ce jour et le repli de l?ensemble des indices boursiers européens, Paris ayant finalement lâché 1,59% à 3.240,29 points, quand le Dax Allemand refluait de 1% et l?Ibex madrilène de 3,99%. Depuis le début de l?année, la Bourse espagnole perd 17% soit, et de loin, la pire performance de toute l?Europe (le CAC 40 affiche encore un petit gain de 2,55%).
Après l?Irlande, la Grèce et l?Italie, c?est donc au tour de l?Espagne d?effrayer toute l?Europe financière et boursière. Les nouvelles macro-économique en provenance de la péninsule ibérique ne sont, certes, pas bonnes. Le pays ne se relève pas de la crise immobilière de ces deux dernières années et tout le système bancaire espagnol est aujourd?hui aux abois.

Les valeurs ont atteint des niveaux historiquement bas

Le gouvernement a déjà commencé à colmater les brêches en initiant un vaste plan de recapitalisation de l?ensemble des acteurs locaux. En procédant souvent au rapprochement de plusieurs d?entre eux, notamment des caisses d?épargne avec des établissements bancaires aux reins un peu plus solides. Ces restructurations forcées de la dernière chance ont déjà contribué à affaiblir la valorisation de ces protagonistes qui ne savent plus quoi faire pour renflouer leurs fonds propres. Les investisseurs peuvent donc raisonnablement s?inquiéter aujourd?hui des dernières statistiques en provenance de ce pays. Demain sera d?ailleurs encore plus révélateur puisque l?Espagne procède à une autre adjudication, à 10 ans cette fois. Ce sera là, le véritable test pour connaître l?appétit des investisseurs vis-à-vis du papier proposé par ce pays.
L?Europe boursière n?avait pas besoin de cela. Après trois ans de soubresauts anxiogènes, les valeurs européennes ont atteint des niveaux de valorisation historiquement bas. Et surtout, ne parviennent pas à retrouver des couleurs en dépit d?annonces plutôt favorables du côté des entreprises. Celles-ci se sont effectivement très vite adaptées aux conditions de restrictions de crédit et de réduction de la demande en réorientation leurs marchés et abaisssant leur point mort. Du coup, elles annoncent presque toutes de bons résultats avec des niveaux d?endettement très peu élevés.

Les boursiers sont sourds aux bonnes nouvelles en provenance des entreprises

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Mais les boursiers ne veulent rien entendre et sont prompts à lâcher leurs lignes de titres sans véritables mauvaises nouvelles sur les entreprises. Et c?est bien la raison pour laquelle les indices évoluent au fil des annonces macro-économiques et non plus micro-économiques. Ces opérateurs redoutant de fortes volatilités avec, à la clef, l?impossibilité de sortir du marché comme ils le souhaiteraient. Serpent qui se mord la queue car nombre d?investisseurs ne veulent plus, non plus, entrer en Bourse, l?évolution des cours n?ayant pas grand choses à voir avec la santé des sociétés. Quant au marché obligataire, il est lui aussi la proie des mouvements spéculatifs de très forte amplitude.
Cette tendance ne milite pas vraiment pour une reprise dans la durée des indices boursiers à court terme, prédisent nombre de spécialistes. Car pour les plus pessimistes, après l?Espagne c?est ?.la France qui devrait défrayer la chronique. Investisseurs cardiaques s?abstenir.

Pascale Besses-Boumard

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