La bourse de Madrid rebondit, malgré S&P

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La dégradation de la note de l'Espagne a fait souffrir les places financières européennes en matinée ce vendredi. Mais elles se sont globalement redressées en cours de journée. Même la bourse de Madrid a clôturé en hausse de 1,52%. Un rebond jugé purement technique par les investisseurs qui se montrent très pessimistes sur les perspectives de la place madrilène.

La dégradation surprise de la note de la dette de l?Espagne a fait dans un premier temps plongé la Bourse de Madrid vendredi matin de 2,6% à 6845 points. Abaissée dans la nuit de jeudi à vendredi par l?agence S&P, la note du pays a perdu deux crans, passant de A à BBB+. L?indice phare de Madrid, l?Ibex-35, s?est ensuite repris pour finir la journée dans le vert, en hausse de 1,52% à 7133,6 points. Ce retournement semble surtout être la conséquence de facteurs techniques. L?indice vient en effet de vivre 5 semaines noires, perdant plus de 20% entre le 19 mars et le 23 avril. Les cours s?en trouvaient survendus.

Des mouvements tirés par les valeurs bancaires

Les mouvements boursiers de la journée de vendredi en Espagne ont notamment été tirés par les valeurs bancaires. Santander, numéro un en zone euro par sa capitalisation, chutait de 4,4% à 4,54 euros en début de séance mais a fini la journée en hausse de 1,73% à 4,83 euros. BBVA, deuxième banque espagnole, s'effondrait de son côté de 4,81% à 4,905 euros ce vendredi matin avant de finir en progrès de 0,97% à 5,20 euros.
Sur le marché obligataire, le rendement à dix ans de l'emprunt d'Etat espagnol se négociait 5,97% en début de journée contre 5,832% jeudi à la clôture. Il se négociait à 5,828% après clôture vendredi.

Le marché tendu au moment de l'adjudication italienne
L?annonce de S&P a en tout cas tendu le marché au moment où l'Italie lançait une adjudication à moyen et long terme. Résultat, le pays a emprunté 5,95 milliards d'euros à des taux en forte hausse, a annoncé la Banque d'Italie. Rome a émis 2,416 milliards d'euros de titres à cinq ans et 2,5 milliards de titres à dix ans dont les taux ont progressé respectivement à 4,86% et à 5,84% contre 4,18% et 5,24% lors de la dernière opération similaire le 29 mars. Le Trésor a émis en outre 492,7 millions d'euros de titres à quatre ans à un taux de 4,29% et 536,6 millions de titres à sept ans à un taux de 5,21%

Dans ce contexte d'extrême nervosité, la place madrilène a donc réussi à terminer dans le vert. Une gageure au regard du nombre de mauvaises nouvelles égrenées au fil des heures.Des nouvelles qui ne viennent que confirmer les craintes des analystes, des économistes et des politiques, lesquels ne manquent pas depuis plusieurs mois d'alerter les marchés financiers sur la fragilité des grands rouages du pays. L'indice phare boursier espagnol est ainsi en recul de 16,7% quand celui de Francfort en gagne 15%. La solidité du système bancaire ibérique pose résolument problème. Les banques espagnoles accumulent à ce jour 184 milliards d'euros d'actifs immobiliers problématiques, soit 60% de leur portefeuille, a indiqué vendredi la Banque d' Espagne , confirmant les fragilités de ce secteur depuis l'éclatement de la bulle en 2008. Les banques du pays ont, en effet, sur les bras des crédits risquant de ne pas être remboursés, ainsi qu'un stock d'immeubles et de terrains saisis. Ces actifs sont jugés "problématiques" car à la valeur incertaine. Ils représentaient déjà 176 milliards d'euros en juin 2011, et ce chiffre a donc encore augmenté.

Le rebond constaté en cette fin de semaine, semble donc purement technique et ne rassure pas du tout les investisseurs qui se montrent très noirs sur les perspectives à court terme de la place madrilène. "Compte tenu des derniers chiffres du chômage, on ne voit pas comment la consommation des ménages pourrait être relancée. Et qui dit faible consommation, dit mauvaises perspectives pour les entreprises qui vont devoir plus que jamais aller trouver la croissance hors des frontières ibériques", lance un analyste financier.

 

 

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