Le CAC 40 en légère baisse, la Bourse de Madrid au plus bas depuis 9 ans

La Bourse de Paris a clos en légère baisse mercredi (-0,20%) une séance très volatile, toujours pénalisée par l'instabilité politique grandissante en Grèce et ses éventuelles conséquences sur l'ensemble de la zone euro. La Bourse de Londres a suivi la tendance (-0,44%), tandis que le Dax-30, la Bourse de Francfort, clôturait en hausse (+0,47%). Madrid chute de 2,77% et atteint son plus bas niveau depuis neuf ans.

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Paris en légère baisse

La Bourse de Paris a clos en légère baisse mercredi une séance très volatile, toujours pénalisée par l'instabilité politique grandissante en Grèce et ses éventuelles conséquences sur l'ensemble de la zone euro. Le CAC 40, après être tombé en séance à un plus bas depuis le début de l'année à 3.075,88 points, a comblé une partie de ses pertes dans les derniers échanges. Il termine sur un recul de 0,20% à 3.118,65 points dans un volume d'échanges de 3,356 milliards d'euros. "La Bourse de Paris a profité dans les dernières transactions d'une vague d'achats à bon compte mais, sur l'ensemble de la séance, la Grèce a mené les débats alors que la sortie du pays de la zone euro est plus probable", ce qui crée beaucoup d'instabilité sur les marchés, résume Alexandre Baradez, analyste chez Saxo Banque.

Athènes s'enfonce dans la crise politique depuis le résultat des législatives de dimanche, les partisans de la poursuite du plan d'austérité concocté avec l'UE et le FMI n'ayant pas obtenu la majorité (149 sièges sur 300). La crainte des opérateurs est que cette instabilité mène à un arrêt du versement de l'aide internationale qui conduirait à un défaut de paiement de la Grèce voire, dans le pire des cas, à une sortie du pays de l'euro. "L'effet de contagion sur l'ensemble de la zone euro serait considérable", souligne M. Baradez, en rappelant que l'ensemble des notes des pays de l'Union monétaire risquent alors d'être dégradées mécaniquement par les agences de notation.

Les déclarations des dirigeants européens ont aussi pesé sur la tendance. "Les marchés ont peur d'observer des divergences importantes entre la France et l'Allemagne", explique le courtier Aurel BGC. Le socialiste François Hollande, qui a été élu dimanche président de la République française, souhaite "renégocier" ou "compléter" le pacte budgétaire par des mesures censées doper la reprise économique, mais il se heurte toujours au refus catégorique de Berlin. "Chacun doit s'en tenir à ce que nous avons décidé", a ainsi insisté la chancelière allemande, Angela Merkel. Une réunion extraordinaire des dirigeants européens est prévue à Bruxelles le 23 mai.

Signe des tensions, les investisseurs se sont rués sur les actifs considérés comme les plus sûrs, comme la dette allemande, dont le taux à 10 ans est au plus bas historique à 1,52%. Les valeurs bancaires ont été les premières victimes des craintes en zone euro, mais aussi de la situation du secteur bancaire espagnol. Madrid va demander vendredi aux banques exposées au secteur de l'immobilier en plein marasme de provisionner 35 milliards d'euros supplémentaires. Crédit Agricole a ainsi perdu 3,52% à 3,34 euros, BNP Paribas 2,37% à 28,37 euros et Société Générale 2,25% à 16,75 euros. Dexia s'est maintenu à l'équilibre à 0,19 euro après avoir enregistré au premier trimestre une perte nette de 431 millions d'euros.

La Bourse de Londres perd 0,44%

La Bourse de Londres a terminé en baisse mercredi, l'indice FTSE-100 des principales valeurs perdant 24,50 points, soit 0,44% par rapport à la clôture de mardi, à 5.530,05 points. L'indice FTSE-100 des principales valeurs a perdu 24,50 points, soit 0,44% par rapport à la clôture de mardi, à 5.530,05 points. "Les marchés ont continué à faiblir aujourd'hui, les investisseurs restant sur la réserve en raison des incertitudes en Europe et des craintes sur la solvabilité des banques espagnoles", a commenté Michael Hewson, analyste chez CMC Markets UK.

L'éditeur de logiciels pour entreprises Sage Group a perdu 5,46% à 263 pence, la plus forte baisse de l'indice. Le groupe a fait état mercredi d'une croissance en berne au premier semestre dans un environnement économique qui devrait rester difficile en Europe. L'assureur Prudential a terminé à l'équilibre (-0,07% à 710 pence). Il s'est dit mercredi confiant pour l'exercice 2012 après une hausse de ses ventes au premier trimestre grâce à l'Asie. Le distributeur Sainsbury a pris de son côté 1,33% à 305,3 pence. Il a annoncé mercredi un bénéfice net annuel en légère baisse par rapport à l'année précédente, mais il continue à gagner des clients malgré la crise. Le géant suisse des matières premières Glencore a gagné 1,52% à 397,95 pence. Il a jugé que la demande en matières premières demeure saine au niveau mondial, avec une demande solide aux Etats-Unis et une situation plus fragile en Europe.

Dans l'indice FTSE-250 des valeurs moyennes, la compagnie aérienne Easyjet a pris 1,20% à 515,1 pence. Elle a réalisé une perte de 90 millions de livres (112 millions d'euros) pour son premier semestre, moins importante que celle de l'année précédente grâce à la maîtrise des coûts et la hausse du revenu par siège.

A Francfort, le Dax-30 résiste et termine en hausse de 0,47%

La Bourse de Francfort, sans direction mercredi, évoluant tantôt en baisse, tantôt en hausse au gré des nouvelles venues de la zone euro, a finalement clos dans le vert. L'indice des trente valeurs vedette Dax a terminé en progression de 0,47% à 6.475,31 points. Le MDax des valeurs moyennes a, lui, fini en hausse de 0,29% à 10.446,59 points.

Du côté des valeurs, Bayer a fini en tête (+2,40% à 52,56 euros). Le groupe songerait à vendre ses activités dans les appareils de mesure du diabète selon le Financial Times Deutschland. Le fabricant d'articles de sport Adidas a pris 1,86% à 61,48 euros. Commerzbank a affiché une progression de 1,57 à 1,55 euros, la deuxième banque allemande ayant annoncé avoir déjà rempli, et même largement dépassé, ses exigences de recapitalisation. Henkel prenait 1,24% à 55,64 euros après avoir présenté des résultats du premier trimestre plutôt encourageants, améliorant sa rentabilité et enregistrant une forte hausse de son bénéfice net, supérieure aux attentes des analystes. L'assureur Allianz (+0,55% à 83,69 euros) a aussi favorablement surpris le marché en annonçant des chiffres provisoires en hausse au premier trimestre.

En revanche, le groupe d'énergie EON a perdu 1,41% à 15,42 euros. Ses résultats trimestriels définitifs publiés mercredi ont simplement confirmé des résultats provisoires publiés le 2 mai. La compagnie aérienne Lufthansa a reculé de 2,36% à 9,02 euros, au lendemain du versement de son dividende de 0,25 euro par action au titre de 2011 après son assemblée générale ordinaire. Sur le MDax, Axel Springer a bondi de 7% à 35,48 euros. Le premier éditeur de presse européen, l'allemand Axel Springer, a annoncé mercredi des résultats en hausse au premier trimestre, grâce à sa stratégie d'expansion numérique, qu'il entend poursuivre.

Plus bas depuis 9 ans pour la Bourse de Madrid

La Bourse de Madrid a terminé mercredi au plus bas niveau depuis juillet 2003, accusant une chute de 2,77% à 6.812,7 points, alors que le pays vit un regain de tension alimenté par les doutes des investisseurs sur la santé de son secteur bancaire. L'indice Ibex-35 des valeurs vedettes espagnoles a été emporté par les banques : Santander, numéro un en zone euro par la capitalisation, a perdu 4,52% à 4,642 euros, BBVA, deuxième banque espagnole, a chuté de 4,73% à 5,01 euros et Bankia, quatrième banque cotée sur le point d'être partiellement nationalisée, dégringolant de 5,84% à 2,13 euros.

 

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