Coronavirus : paniquées, les Bourses chinoises subissent leur plus fort plongeon depuis 5 ans

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L'épidémie, qui a désormais fait plus de morts que le virus du Sras, pesait également sur les marchés chinois des changes et des matières premières.
L'épidémie, qui a désormais fait plus de morts que le virus du Sras, pesait également sur les marchés chinois des changes et des matières premières. (Crédits : Reuters)
À la mi-journée lundi, l'indice composite shanghaïen s'effondrait de 8,13% à 2.734,66 points. À l'unisson, la Bourse de Shenzhen, deuxième place de Chine continentale, perdait 8,30% à 1.611,04 points.

Après dix jours d'interruption, les Bourses chinoises ont dévissé de 8% lundi, leur plus fort plongeon depuis cinq ans, paniquées par l'impact économique de l'épidémie de pneumonie virale, malgré les mesures de la banque centrale pour rassurer les marchés.

Le plongeon était attendu: du fait des traditionnelles vacances du Nouvel an lunaire, les marchés de Shanghai et Shenzhen étaient fermés depuis le 24 janvier, soit au lendemain de la mise de facto en quarantaine de la ville de Wuhan, foyer du nouveau coronavirus.

Or, pendant ce temps, les indices boursiers mondiaux ont piqué du nez depuis dix jours, effrayés par les conséquences de l'épidémie sur la croissance de la Chine, deuxième économie mondiale, où l'activité reste paralysée.

Lire aussi : Le coronavirus va-t-il faire "tousser" l'économie chinoise ?

D'où l'effet de rattrapage: à la mi-journée lundi, l'indice composite shanghaïen s'effondrait de 8,13% à 2.734,66 points. À l'unisson, la Bourse de Shenzhen, deuxième place de Chine continentale, perdait 8,30% à 1.611,04 points.

Elles avaient ouvert en repli de quasiment 9%. Selon l'agence Bloomberg, c'est leur plus forte baisse en séance depuis le krach de l'été 2015.

"La panique des investisseurs s'est propagée sur l'ensemble de la cote, elle dominera le marché à court terme", observe Yang Delong, économiste du fonds d'investissement First Seafront.

Plus de 2.600 titres ont chuté de 10%, seuil à partir duquel les échanges sont automatiquement suspendus sur l'action concernée, selon un décompte Bloomberg.

L'épidémie, qui a désormais fait plus de morts (362 décès confirmés) que le virus du Sras en 2002-2003, pesait également sur les marchés chinois des changes et des matières premières, eux aussi rouverts lundi.

La monnaie chinoise a trébuché de 1,5%, à environ 7,02 yuans pour un dollar, tandis que les échanges étaient suspendus sur le minerai de fer, le cuivre, le pétrole ou encore l'huile de palme, après des plongeons atteignant le seuil maximal autorisé.

Activité paralysée

Mesures de confinement, liaisons ferroviaires suspendues, fermeture de la plupart des entreprises et usines jusqu'au 9 février... Les mesures adoptées pour endiguer l'épidémie ont paralysé des pans entiers de l'économie - au risque de menacer des chaînes de production à l'échelle du globe.

À Shanghai, le titre de Foxconn Industrial Internet, entité cotée du mastodonte taïwanais de l'électronique Foxconn, s'est effondré de 10% dès l'ouverture. Foxconn, sous-traitant crucial du géant américain Apple, a annoncé qu'il ne redémarrerait pas ses usines chinoises avant la mi-février.

De son côté, Kweichow Moutai, producteur de l'alcool blanc "baijiu" traditionnellement offert au Nouvel an, plongeait de plus de 5%. Reflet d'une consommation sous pression: restaurants et centres commerciaux sont fermés et les Chinois paniqués restent calfeutrés chez eux.

Le voyagiste CITS tout comme les compagnies aériennes China Southern et China Eastern ont chuté de 10%. Pékin a interdit les voyages en groupe et de nombreuses liaisons aériennes entre la Chine et le reste du monde sont interrompues.

La panique n'épargnait quasiment aucun secteur, à l'exception des titres de fabricants de matériels médicaux (masques, équipements de protection) dont certains se sont envolés de plus de 10%.

Banque centrale à la manoeuvre

Les marchés chinois auraient dû rouvrir vendredi avec la fin prévue des congés, mais Pékin a octroyé trois jours fériés supplémentaires dans l'espoir de retarder la ruée dans les trains, facteur de contagion potentielle.

Dans le même temps, les autorités ont pris les devants pour tenter de rassurer les investisseurs: la banque centrale a ainsi annoncé dimanche qu'elle s'apprêtait à injecter 1.200 milliards de yuans (156 milliards d'euros) de liquidités dans le système financier pour contrer l'impact de l'épidémie.

Et lundi, alors que les marchés plongeaient, la banque a abaissé à 2,4% (contre 2,5% précédemment) son taux de mise en pension sur sept jours - il s'agit du taux préférentiel qu'elle applique aux banques commerciales pour les prêts à court terme.

Cela "pourrait alléger la pression sur les banques" en réduisant leurs coûts de financement, mais "cette baisse de taux reste trop marginale pour contrecarrer substantiellement les dommages infligés à l'activité économique", avertit Julian Evans-Pritchard, du cabinet Capital Economics.

"L'impact à court-terme sur le PIB chinois devrait être important", observe le cabinet Oxford Economics, prédisant un ralentissement de croissance à 4% au premier trimestre, contre une précédente prévision de 6%.

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Commentaires
a écrit le 04/02/2020 à 10:20 :
Si la Chine vous intéresse et si vous voulez mieux en connaître les réalités, il faut lire "Mémoires chinoises" de Jean Tuan, chez C.L.C. Editions, qui évoque le parcours de son père venue en France de Chine en 1929, leur incroyable séjour à Pékin en 1967 durant la révolution culturelle et l’évolution de la Chine dont l'auteur a été témoin depuis 1980. Marie Holzman, sinologue de renom, a préfacé le récit. Les derniers exemplaires sont disponibles via fnac.com et amazon.fr / Lecture à ne pas manquer...
a écrit le 03/02/2020 à 11:28 :
Sauf erreur de ma part, le 2019ncov a fait moins de morts (officiellement) que le Sras (800 morts de mémoire)...
Par contre il a infecté (même officiellement) plus de personnes.

Donc soit on reprend les chiffres de propagande chinoise (servant juste au maintient du contrôle de la population locale), soit on se base sur des sources alternatives mais quoi qu'il en soit, on évite de s’emmêler en racontant des bêtises...
a écrit le 03/02/2020 à 9:56 :
c'est un epi phenomene qui est une bonne raison de corriger
quand ca va s'arreter, ca va remonter fissa
300 morts sur une population de 1.5 milliard, c'est bcp mais ca reste tres peu
reste le confinement qui aurait un effet sur le t1 et ou il y aura des rattrapages partiels en t2 t3 et t4
Réponse de le 03/02/2020 à 11:35 :
300 morts officiels... mais combien ne sont officiellement que des morts de pneumonie virale ou autres?
Si les chiffres de 200 000 personnes infectées environ sont proches de la réalité, alors avec une létalité de 2% on est à 4000 morts.
Si par contre on considère la létalité de l'étude publiée dans the lancet (qui comporte de multiples biais dont celui d'échantillon trop petit et pas forcément représentatif) de 11%, alors on serait/sera plutôt vers les 20 000 morts.
On peut néanmoins estimer que les 5000 morts sont atteints ou pas loin de l'être.
Lorsque le régime chinois annonçait officiellement 25 morts, la vidéo des couloirs d'un hôpital de Wuhan montrait clairement au moins 5 cadavres dans le couloir... Soit un cinquième des morts officiels. Pour si peu de morts, les morgues des hôpitaux d'une ville de 11 millions d'habitants auraient du largement suffire... Donc il y a un hic si les cadavres sont restés dans le couloir... Enfin, ce n'est que mon avis.
a écrit le 03/02/2020 à 9:06 :
Un spéculateur par définition a peur, son maître amasse parce que tétanisé par la peur de manquer donc il n'est que la traduction de cette viscérale peur financière, qu'il panique était largement prévisible puisque "tout est bruit pour celui qui a peur' Sophocle. Mais 360 morts c'est rien pour un pays comportant un milliard d'habitants donc nous pouvons penser que ce n'est pas les vrais chiffres ce qui est une erreur énorme de ne pas publier les vrais chiffres puisque la finance mondiale les achète les vrais chiffres et les connaît, on se retrouve donc de publier de faux chiffres ne peut qu'enfler la panique générale.

En tout cas c'est encore l'économie mondialisée financière qui prend une énorme claque du seul fait de sa pathologique cupidité. Ça va être de plus en plus difficile de trouver des responsables boucs-émissaires afin de se sortir de ce tas de ronces.

Quand la religion néolibérale s'effondre.
Réponse de le 06/02/2020 à 20:38 :
Votre bêtise, le Blasé, elle, n'est pas prêt de s'effondrer...

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