Dette : forte tension sur les taux des pays du sud de l'Europe

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(Crédits : Reuters)
Les taux des emprunts d'Etat des pays du sud de l'Europe se sont tendus en raison des incertitudes liées à la poursuite de l'accord sur le nucléaire iranien et l'incapacité de l'Italie à se doter d'un gouvernement stable.

Les taux d'emprunt des pays du sud de l'Europe se sont fortement tendus mardi sur fond d'aversion au risque, dans l'attente de la décision du président américain Donald Trump sur l'accord sur le nucléaire iranien. La géopolitique a en effet pesé sur les marchés financiers, inquiets de la décision du président américain, qui menace de démanteler l'accord signé en 2015 par Téhéran avec les grandes puissances (Etats-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne). Donald Trump devait en effet dire à 20h00 (heure de Paris) s'il rétablira ou non les sanctions américaines levées en contrepartie des engagements iraniens.

En attendant les annonces de Donal Trump

Dans ces circonstances, les investisseurs ont préféré bouder les actifs risqués, parmi lesquels les taux d'emprunt des pays jugés les moins solides de la zone euro. "Il y a une aversion au risque dans le marché obligataire. C'est un marché axé sur la qualité et qui vend tout ce qui est à risque", a commenté pour l'AFP Eric Vanraes, un gérant obligataire de la banque suisse Eric Sturdza. Pour ce spécialiste, "ce qui est regardé aujourd'hui, ce sont les annonces de Donald Trump sur l'Iran, car il y aura deux conséquences très importantes sur le pétrole et sur le niveau du dollar".

Alors que les Etats-Unis ont imposé de nouvelles sanctions économiques sur le Venezuela et menacent de faire de même avec l'Iran, les cours du pétrole ont atteint lundi leur plus haut niveau depuis novembre 2014, avant de se replier mardi.

La dette italienne a en outre été pénalisée par les incertitudes politiques minant la péninsule. Après deux mois de tractations, et faute d'accord sur une majorité parlementaire, le président italien Sergio Mattarella a en effet annoncé lundi qu'il allait proposer un gouvernement "politiquement neutre" pour diriger le pays jusqu'en décembre. "A l'intérieur de la zone euro, il y a des tensions sur les marchés les plus à risque, le marché le plus à risque étant l'Italie", a observé Eric Vanraes.

"L'arrêt du QE n'est pas inscrit dans le marbre"

Toutefois, a nuancé l'expert, alors que les derniers chiffres d'inflation en zone euro restent bas, "l'arrêt du QE (plan de rachats d'actifs par la BCE, ndlr) en septembre n'est pas inscrit dans le marbre". Dans ces conditions, le marché obligataire européen restait à des niveaux relativement bas.

À 18H00 (16H00 GMT), le taux d'emprunt à dix ans de l'Allemagne s'est un peu tendu à 0,561% contre 0,532% lundi à la clôture du marché secondaire, où s'échange la dette déjà émise. Le rendement de même maturité de la France a connu un mouvement similaire, à 0,806% contre 0,768%. Celui de l'Espagne a connu un mouvement de tension plus marqué, à 1,320% contre 1,276%, tout comme celui de l'Italie à 1,866% contre 1,759%.

En dehors de la zone euro, le taux d'emprunt britannique a dix ans s'est apprécié à 1,444% contre 1,400% vendredi, lundi ayant été fermé pour cause de jour férié. A la clôture des marchés européens, le taux d'emprunt à 10 ans des États-Unis montait, à 2,978% contre 2,950% lundi, à l'instar de celui à 30 ans, à 3,140% contre 3,123%. Le taux d'emprunt américain à deux ans s'établissait pour sa part à 2,505% contre 2,497%.

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Commentaires
a écrit le 10/05/2018 à 7:45 :
Appartenons-nous au SUD de l'Europe? Si oui ,comme j'en suis convaincu, je propose que Président de la République, Ministres et Parlementaires soient payés au résultat.
a écrit le 09/05/2018 à 12:49 :
La dépense publique n'est toujpurs pas encore prise par les cornes. On ne va pas se sentir mieux sans passer par cette case obligatoire et tragiquement urgente.
a écrit le 09/05/2018 à 8:39 :
Nos dirigeants politique et économiques ont fait n'importe quoi avec les finances européennes, nous voilà dépendants maintenant de l'iran principal sponsor du terrorisme mondiale, bravo.

Vite un frexit.

"Comment l'Iran demeure le principal sponsor du terrorisme au monde"http://www.atlantico.fr/decryptage/comment-iran-demeure-principal-sponsor-terrorisme-au-monde-alain-rodier-2724747.html
Réponse de le 09/05/2018 à 12:27 :
Heu calmez vous et expliquez moi clairement svp ce que vous ne comprenez pas dans mes propos svp ? Votre commentaire étant vraiment brouillon. Merci.
Réponse de le 09/05/2018 à 14:37 :
Vite un frexit hors sujet. Depuis toujours et plus particulièrement depuis les années 80 les marchés n’aiment pas les tensions qu’elles soient politiques ou économiques. Pour ce qui est du terrorisme si l’Iran chiite a eu par le passé un rôle important il a été détrôné et avec quelle barbarie, par les pays sunnites en sachant que le pire et depuis toujours a été l’Arabie et sa mouvance wahhabisme qui a financé bien des réseaux et peut-être encore aujourd‘hui. La politique des occidentaux vis-à-vis de l’Arabie est floue et encore le mot est faible. Le mensonge sur les armes de destruction massives discours cher à M. Bush qui a engendré sous un faux prétexte la guerre en Irak a créé l’EI et les milliers de morts civils pour une bonne partie chiites mais aussi sunnites et également tous les morts en occident dont dans notre pays Aujourd’hui l’Arabie se félicite de la décision de M. Trump mais n’est-ce pas un retour macabre des américains au fabuleux contrat de 300 milliards de dollar sur 10 ans signé en 2017 par les saoudiens aux entreprises d’armement US. Ayant eu la chance de travailler avec les deux, je suis plus en confiance avec les iraniens qu’avec les saoudiens tellement imbus d’eux mêmes qu’ils en deviennent méprisables. Votre commentaire semble hors sujet d’abord par votre manque d’histoire mais aussi par ce manque de connaissance des deux pays même si l’Iran est bien loin d’être blanc.
Réponse de le 09/05/2018 à 18:06 :
Oui je m'en doutais vous n'arrivez pas à prendre du recul dans vos analyses du coup vous perdez beaucoup de temps.

"Alliance pragmatique entre Moscou et Téhéran" https://www.monde-diplomatique.fr/2018/05/KOZHANOV/58628

Voyez vous où je veux en venir ?
a écrit le 08/05/2018 à 19:48 :
Les pilleurs internationaux de profits par la finance trouvent toujours de bonnes raisons de voler, on est pas obligé de les croire.
a écrit le 08/05/2018 à 19:18 :
Hausse des taux, du baril , malgré la communication du gouvernement , les réformes engagées ne suffiront pas , si la croissance ralentie. La France est toujours endettée, Macron ne veut pas diminuer la dépense publique, on peut craindre que le chômage reparte à la hausse si les tensions persistent.

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