La Bourse de Paris trébuche encore sur fond d'inquiétudes politiques espagnoles

 |   |  760  mots
La Bourse de Paris a effacé en grande partie le rebond de vendredi (+3%).
La Bourse de Paris a effacé en grande partie le rebond de vendredi (+3%). (Crédits : CHARLES PLATIAU)
Les investisseurs s'inquiètent d'une crise politique en Espagne alors que la Catalogne a porté les indépendantistes au pouvoir, et qu'un scrutin général doit avoir lieu en décembre.

La Bourse de Paris a de nouveau sombré dans un climat anxiogène lundi 28 septembre, entre la victoire indépendantiste en Catalogne, les suites du scandale Volkswagen et un indicateur américain décevant.

L'indice CAC 40 a perdu 2,76% (123,61 points) à 4.357,05 points, dans un volume d'échanges étoffé de 3,9 milliards d'euros. Vendredi, la cote parisienne avait terminé sur un bond de 3,07%.

Sur les autres places parisiennes, la Bourse de Francfort a perdu 2,12% et celle de Londres 2,46%. Par ailleurs l'Eurostoxx a reculé de 2,37%.

La Catalogne donne des sueurs froides aux marchés

La cote parisienne a flanché dès l'ouverture, le scrutin catalan exacerbant la fébrilité d'un marché toujours fragile depuis les fortes turbulences de l'été. Et la descente n'a eu de cesse de s'accentuer au fil de la journée, aucune bonne nouvelle ne venant rééquilibrer les choses.

"Le marché est de nouveau très agité et a effacé tous ses gains de vendredi", a résumé Alexandre Baradez, un analyste de IG France.

"L'élection en Catalogne vient s'ajouter, dans un schéma négatif où ressurgissent toutes les craintes du mois d'août" sur la solidité de la croissance mondiale, a-t-il ajouté.

Même sans majorité des voix, les indépendantistes ont remporté une victoire aux élections régionales en Catalogne, qui pose un énorme défi au gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, à trois mois des législatives en Espagne.

Mariano Rajoy, s'est dit prêt lundi au "dialogue", mais toujours dans le cadre de la Constitution et jamais sur "la fin de l'unité de l'Espagne".

Incertitude espagnole

"Au-delà de la question indépendantiste en Catalogne, les marchés sont prudents avant les élections générales qui se dérouleront en fin d'année" en Espagne, ont souligné les analystes de Aurel BGC.

"La secousse est beaucoup moins violente que la Grèce par le passé, mais cela relance l'incertitude politique et surtout cela se cumule avec" une mauvaise trajectoire de Wall Street vendredi et lundi, les suites du scandale Volkswagen, "une déception sur un indicateur américain" ou encore une chute du géant suisse des matières premières Glencore à Londres, révélatrice des difficultés du secteur minier, a-t-il détaillé.

Nombreux indicateurs américains

Du côté des indicateurs du jour concentrés outre-Atlantique, l'inflation est de nouveau restée modeste en août sur fond de faibles prix de l'énergie, tandis que les dépenses des ménages ont augmenté légèrement plus que leurs revenus sur le même mois. La déception est venue des chiffres des promesses de ventes de logements qui ont surpris les analystes en essuyant un net recul en août.

"Après un mois de septembre terrible sur les marchés, il faudrait maintenant un événement majeur fort pour rompre avec cette spirale, comme par exemple un rebond des matières premières", a estimé M. Baradez.

Le secteur automobile sombre encore

Sur le tableau des valeurs, tout le CAC 40 a fini dans le rouge.

Le secteur automobile a continué à souffrir après une semaine déjà difficile dans le sillage du scandale des moteurs truqués de Volkswagen qui chutait à la Bourse de Francfort. Peugeot a perdu 5,23% à 12,41 euros, Renault 4,66% à 62,18 euros, tout comme Valeo (-2,54% à 115,00 euros) ou Faurecia (-5,11% à 26,38 euros).

ArcelorMittal a plongé (-8,26% à 4,62 euros) nettement affecté par les déboires de Glencore à la Bourse de Londres, avec une chute de plus de 30% de l'action du géant des matières premières, qui atteint son plus bas historique.

Rémy Cointreau a bondi de 4,29% à 56,34 euros, bénéficiant d'une recommandation sur le titre à "superformer" contre "performance du marché" par la même banque.

Airbus a perdu 3,08% à 52,49 euros et Atos 1,19% à 67,92 euros. La société française de services informatiques Atos et Airbus Defence and Space, une division de l'avionneur européen Airbus, ont annoncé la signature d'un accord de partenariat stratégique dans le domaine de la cyber-sécurité.

Engie (ex-GDF Suez) a reculé de 2,95% à 14,15 euros à la suite de l'incertitude planant sur le redémarrage prévu le 1er novembre de deux réacteurs belges exploités par une de ses filiales, Electrabel.

Edenred a perdu 0,82% à 14,50 euros en dépit d'une recommandation sur le titre à "acheter" contre "neutre" par la banque suisse UBS.

Sanofi a reflué de 2,95% à 84,44 euros. Le groupe pharmaceutique et son partenaire américain Regeneron Pharmaceuticals ont annoncé avoir reçu le feu vert de la Commission européenne pour la mise sur le marché de leur médicament Praluent (alirocumab) contre l'hypercholestérolémie.

(Avec AFP)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 29/09/2015 à 8:02 :
On sent la maîtrise des sujets par l'AFP. Voilà qui rassure.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :