Le Brexit assomme les marchés financiers

"C'est l'un des plus gros chocs sur les marchés de tous les temps", a réagi Joe Rundle, analyste chez ETX Capital.
La Bourse de Paris perdait plus de 7%, vendredi à l'ouverture, après l'annonce du Brexit.
La Bourse de Paris perdait plus de 7%, vendredi à l'ouverture, après l'annonce du Brexit. (Crédits : CHARLES PLATIAU)

La livre britannique qui tombe au plus bas depuis 1985, le yen qui s'envole, les Bourses qui s'effondrent: les marchés financiers étaient assommés vendredi à l'annonce d'une victoire du Brexit.

"C'est l'un des plus gros chocs sur les marchés de tous les temps", a réagi Joe Rundle, analyste chez ETX Capital. "Les répercussions du vote vont se faire sentir dans le monde entier. L'ampleur des dégâts est difficile à évaluer mais il sera probablement plus important que tous les événements survenus depuis la faillite de la banque Lehman Brothers en 2008".

Le scénario tant redouté, celui d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, s'est confirmé au fil des heures, plongeant les investisseurs dans la panique.

Après s'être envolée au-dessus de 1,50 dollar au moment de la fermeture des bureaux de vote, la livre sterling est tombée d'abord sous 1,45 dollar, puis 1,40 dollar, et a poursuivi sa folle descente à des niveaux inédits depuis 1985, jusqu'à 1,3229 dollar, soit une chute de plus de 10% sur la journée. Elle baissait aussi face à l'euro qui s'élevait jusqu'à 81,96 pence, contre 76,02 quelques heures plus tôt.

Parallèlement et avant même que l'annonce soit officielle, le yen, valeur refuge, flambait: le dollar chutait à 99,04 yens, du jamais vu depuis novembre 2013, contre 106,84 yens auparavant, et l'euro à 109,60 yens, contre 122,01 yens.

De manière étonnante, les devises se stabilisaient quelque peu une fois les résultats officiels connus, qui donnent le Brexit gagnant avec 51,9% des voix. Mais "avec l'ouverture des marchés européens, la pression sur la livre risque de s'accentuer. Je n'avais pas vu un tel chaos depuis longtemps. Les cambistes ne peuvent s'empêcher de vendre jusqu'à ce que les autorités disent stop, c'est-à-dire interviennent sur les marchés", a réagi Yosuke Hosokawa, responsable des changes chez Sumitomo Mitsui Trust Bank.

 Une débâcle a commencé sur le Vieux Continent, les Bourses de Paris, Londres et Francfort chutant de 7% à 10% à l'ouverture de la séance. "C'est un saut dans l'inconnu pour les marchés qui entrent dans une période d'instabilité. Les marchés attendent désormais des réactions des banques centrales et des responsables européens", a commenté Alexandre Baradez, d'IG France.

Les banques centrales prêtes à agir

La Banque du Japon (BoJ) s'est aussitôt déclarée "prête à injecter des liquidités", en coopération avec les autres banques centrales, pour limiter l'impact sur les marchés. La Banque d'Angleterre (BoE) a délivré un message similaire, promettant de "prendre toutes les mesures nécessaires".

Sur le front des indices boursiers, la Bourse de Tokyo a d'abord démarré sur des gains modérés avant de soudainement changer de cap une heure plus tard, plongeant de près de 8% à la clôture. Les géants de l'automobile Toyota et Nissan, tous deux implantés au Royaume-Uni, ont décroché de plus de 8%.

La Bourse de Hong Kong lâchait plus de 5% en deuxième partie de séance. Les géants bancaires HSBC et Standard Chartered étaient touchés de plein fouet par ce vent de panique, perdant respectivement plus de 10 et 11%.

Ailleurs dans la région Asie-Pacifique, Sydney et Séoul cédaient plus de 3%, et Shanghai plus de 1%.

Dans ce contexte tendu, l'once d'or grimpait à son plus haut niveau depuis mars 2014, à 1.359,08 dollars, et les investisseurs se ruaient sur le marché obligataire. Le Bund allemand tombait en zone négative tandis que les titres de dette des pays les plus fragiles de la zone euro étaient délaissés.

Le pétrole était aussi pris dans la tourmente, les cours perdant plus de 6% dans les échanges électroniques en Asie. "Nous voyons le pétrole être emporté par la fébrilité générale des marchés face au vote", a souligné sur Bloomberg News Ric Spooner, analyste chez CMC Markets à Sydney.

La sortie des Britanniques de l'UE entraîne un vertigineux plongeon dans l'inconnu pour leur économie, qui risque de pâtir d'un choc d'incertitudes avec une croissance ralentie et un chômage en hausse à la clef.

Outre les conséquences immédiates pour le pays et au-delà, un Brexit risque d'être dommageable à plus long terme, avaient prévenu avant la tenue du référendum les grandes institutions financières internationales, du FMI à l'OCDE (AFP).

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Commentaires 13
à écrit le 25/06/2016 à 16:38
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ah, ce bon vieux catastrophisme....Marrant

à écrit le 24/06/2016 à 13:24
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Déjà pour commencer, de nombreux spéculateurs se sont bien rempli les poches : ils ont gagné 0,10 €/livre en revendant en peu de temps le stock acheté quelques heures auparavant. Ainsi en achetant 10 millions de livres, ils ont réalisé un bénéf net ...

à écrit le 24/06/2016 à 12:52
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L'Europe vient de perdre le seul "garde-fou" qu'elle avait contre les dérives étatiques, normatives, liberticides et socialisantes. Nous voici en route vers l'U.R.S.E. (Union des Républiques Socialistes Européennes)...et malheureusement pour nous, e...

à écrit le 24/06/2016 à 11:23
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Je suppose que si le cours du pétrole est gelé c'est pour ne pas s'effondrer en même temps que les marchés financiers à cause du Brexit non ? Quelle est la crédibilité de la bourse du coup ? Merci d'essayer de m'apporter une réponse parce que...

à écrit le 24/06/2016 à 10:58
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"C'est l'un des plus gros chocs sur les marchés de tous les temps", a réagi Joe Rundle, analyste chez ETX Capital" Il doit être jeune ce monsieur Rundle Le 19 octobre 1987, le DJ avait baissé de 22%. Actuellement, le future du DJ est en baisse de 2...

à écrit le 24/06/2016 à 10:48
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Je ne suis pas inquiet, on est loin du traumatisme, ils vont s' en remettre ...

à écrit le 24/06/2016 à 10:06
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Les marchés boursiers aiment à se faire peur. Le brexit avait 50% de chance de se produire, on a du mal à croire à cette imprévision et à ce pseudo effet de surprise. La baisse ne constitue une catastrophe pour tout le monde. C'est en période de sold...

à écrit le 24/06/2016 à 10:05
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Le Brexit est à considérer comme une excellent nouvelle. En effet, il était intolérable de cultiver un régime d'exception pour un pays capricieux et soucieux de conserver des "avantages" incompatibles avec une "Union" Européenne. Les blocages qu'infl...

le 24/06/2016 à 10:38
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En URSS, on appelle ça la révolution perlante vers le progrès socialiste : on n'a pas atteint les obkextifs car nous n'avons pas été assez révolutionnaires... C'est donc une vieille histoire de bol chos l'UE

à écrit le 24/06/2016 à 9:51
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ça on se doute qu'ils feront tout pour sauver les banques par contre on aimerait bien qu'ils pensent à sauver les peuples européens qu'ils ont installé dans la misère par ces politiques d'austérités et de rigueur illégitimes seulement là pour enrichi...

à écrit le 24/06/2016 à 9:40
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Burn, Baby ! Burn !

à écrit le 24/06/2016 à 9:40
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5% de spéculation des derniers jours effacée par 10% de baisse, ne font que 5% réels, pas de quoi en faire un drame, à l'exception des conséquences sur les boni de salles de marchés, mais c'est insignifiant. Après il va falloir revoir les algorithme...

à écrit le 24/06/2016 à 9:30
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Tant pis pour Soros, il y a longtemps que je mets l' humain au-dessus du marché ..!!

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