Les Bourses mondiales vacillent face au risque de récession aux Etats-Unis
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À la Bourse de Tokyo vers 03H30 heure de Paris, l’indice vedette Nikkei reculait de 1,74 %.
Brendan McDermid
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À la Bourse de Tokyo vers 03H30 heure de Paris, l’indice vedette Nikkei reculait de 1,74 %.
Brendan McDermid
[Article publié le lundi 10 mars 2025 à 17 h 22, mis à jour le mardi 11 mars 2025 à 13 h 30] La semaine débute dans la fébrilité. Après avoir terminé en nets replis lundi soir, le CAC 40 perdait 0,3 % à 8 023 euros à 13 h 30 à Paris, quand la Bourse allemande (Dax) prenait 0,17 % et que celle de Milan augmentait de 0,2 %.
Cette nuit, les Bourses asiatiques ont en revanche vu rouge. À la Bourse de Tokyo vers 03 h 30 heure de Paris, l'indice vedette Nikkei reculait de 1,74 % à 36 382 points, après avoir lâché près de 3 % en cours d'échanges, quand l'indice élargi Topix cédait 2 % à 2 646 points. Parmi les valeurs les plus touchées par la baisse : celles liées aux semi-conducteurs comme Advantest (-3,38 %) ou Disco Corp (-2,90 %), ou du mastodonte des investissements tech SoftBank (-3,57 %). Et la bourse nipponne n'est pas la seule à connaître une mauvaise nuit. La Bourse de Séoul abandonnait 2,04 %, celle de Sydney 1,30 %, celle de Taipei 2,21 % et celle de Jakarta 1,18 %. Le champion sud-coréen des puces SK Hynix a même lâché 3,30 %.
Les marchés asiatiques emboîtaient le pas à la forte baisse enregistrée la veille à Wall Street, où l'indice Nasdaq à forte coloration technologique a dégringolé de 4 %, les investisseurs affichant leurs inquiétudes sur une possible récession aux États-Unis.
Une journée difficile, amplifié par les faiblesses du secteur technologique et des « Sept Magnifiques ». Meta reculait de 5,22 % en fin de journée hier, Microsoft de 3,22 %, Alphabet de 4,55 %, Apple de 5,49 %, Amazon de 3,06 % et Nvidia de 4,61 %. « La pression sur le S&P 500 et le Nasdaq est due en partie aux baisses importantes des méga capitalisations et des fabricants de puces », expliquent les analystes de Briefing.com. Le constructeur de véhicules électriques Tesla accuse lui aussi le coup, avec une chute de plus de 12 % à la Bourse de New York ce lundi.
« Jusqu'ici, les marchés évoluaient avec l'idée que Donald Trump resterait favorable à la bonne performance économique des Etats-Unis, mais aussi des marchés d'actions, mais au cours des derniers jours, ses propos ont laissé pensé qu'un ralentissement serait possible », explique Nicolas Forest, responsable des investissements au sein de la société Candriam.
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Donald Trump s'est effectivement montré peu rassurant à ce sujet. Lors d'un entretien diffusé dimanche, le président américain est resté très flou lorsqu'une journaliste de Fox News lui a demandé s'il s'attendait à un tel scénario aux États-Unis. « Je déteste prédire les choses comme ça », a-t-il rétorqué. Avant de reconnaître qu'« il y avait une période de transition ».
Avant lui, c'est son secrétaire au Trésor, Scott Bessent, qui provoquait des remous. Interrogé sur la chaîne de télévision CNBC vendredi, il a jugé que l'économie américaine et le marché boursier entreraient dans une « période de détox » alors qu'ils étaient «accros aux dépenses publiques » - dépenses que l'administration promet de réduire drastiquement.
Vendredi dernier, c'était au tour des économistes des grandes banques américaines d'alerter sur ce risque. Dans un communiqué, le comité consultatif économique de l'American Bankers Association (ABA), composé de 16 économistes des principales institutions financières du pays, a estimé que le PIB des États-Unis progresserait de 2,1 % en 2025 et 2026, tout en prévenant que cette performance pourrait être inférieure aux attentes pour 2025. En effet, ces prévisions reposent sur un scénario où les droits de douane ne demeurent pas en place toute l'année 2025. « Plus les droits de douane perdurent, plus le risque de récession augmente », souligne Luke Tilley, président de l'ABA.
C'est l'un des principaux motifs d'inquiétudes : la politique de Donald Trump en matière de droits de douane. Le président américain n'a cessé, depuis près de deux mois qu'il est revenu au pouvoir, d'annoncer ou de menacer de les augmenter. Mardi dernier, il avait même instauré une hausse de 25 % à l'encontre des produits venant du Mexique et du Canada, avant de faire marche arrière en fin de semaine. Ce qui a toutefois déclenché des mesures de représailles de la part d'Ottawa.
À peine élu dimanche, le nouveau Premier ministre canadien, Mark Carney, a assuré, dans un discours offensif, que son pays « gagnerait » et « ne ferait jamais partie des États-Unis, de quelque façon que ce soit ». Le président américain ne cesse de dire qu'il souhaite que le Canada devienne le « 51e État américain ». Cet ancien banquier central de 59 ans, novice en politique, a aussi promis de « bâtir une nouvelle économie et de créer de nouvelles relations commerciales », alors que les États-Unis sont jusqu'à présent le premier partenaire commercial du Canada.
Concernant les droits de douane, c'est aussi du côté de la Chine que l'incertitude règne. La semaine dernière, Donald Trump a signé un nouveau décret les relevant à 20 % sur les produits chinois arrivant sur le sol américain, après une première hausse de 10 % en février. Déclenchant, là aussi, une riposte rapide de la Chine.
La situation américaine ne pénalise pas que les bourses locales. La place parisienne a peiné ce lundi à trouver une direction claire, après une ouverture en baisse. Et pour cause. Au-delà du Canada, du Mexique ou encore de la Chine, les droits de douane américains - notamment ceux de 25 % sur les importations américaines d'acier et d'aluminium qui doivent entrer en vigueur mercredi - menacent également l'économie européenne. Donald Trump a, en outre, annoncé vouloir imposer des droits de douane « réciproques » aux partenaires commerciaux des États-Unis à partir du 2 avril.
Les Bourses chinoises ont, elles, toutes chuté. En plus de l'incertitude concernant la guerre commerciale avec les États-Unis, les investisseurs digéraient la publication dimanche de chiffres officiels montrant une chute des prix à la consommation en Chine en février. Une première en un an, signe d'une demande toujours maussade.
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A contrario, celles de Tokyo, de Séoul et de Sydney ont légèrement augmenté. Mais sont restées sur leurs gardes, toujours face à la perspective de tensions commerciales aggravées avec les États-Unis.
(Avec AFP)
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