Droits de douane : la Chine riposte dès lundi aux annonces de Trump
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Brian Snyder
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[Article publié le dimanche 09 mars 2025 à 12h35 et mis à jour le lundi 10 mars à 10h00] Face aux mesures de rétorsion du président américain Donald Trump, Pékin ne restera pas les bras croisés. « Fortement mécontente » des droits de douane supplémentaires de 20 % sur ses produits imposés par Washington, la Chine a en effet riposté, en annonçant à son tour des taxes douanières sur tout un éventail de produits agricoles américains, à compter de ce lundi.
Concrètement, le poulet, le blé, le maïs et le coton américains entrant en Chine seront davantage taxés (15 %) que le sorgho, le soja, le porc, le bœuf, les produits de la mer, les fruits, les légumes et les produits laitiers (10 %).
Des experts estiment que cette réaction chinoise vise la base électorale du milliardaire républicain, tout en restant suffisamment modérée pour rendre encore possible un accord commercial.
Depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier, le président des États-Unis a annoncé une série de droits de douane à l'égard de ses principaux partenaires commerciaux, parmi lesquels la Chine, le Canada et le Mexique. Donald Trump accuse Pékin de laisser-faire en matière de trafic de fentanyl, un opioïde de synthèse qui fait des ravages sur le sol américain.
La Chine est par ailleurs le pays présentant le plus important excédent commercial avec les États-Unis pour les biens. Pour rappel, après avoir imposé des droits de douane supplémentaires de 10 % à l'encontre de tous les produits chinois, Donald Trump avait décidé le 3 mars de les porter à 20 %.
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Les taxes décidées par Washington pourraient porter un coup sévère aux exportations chinoises, qui ont largement contribué l'an dernier à la croissance du géant asiatique.
Selon plusieurs spécialistes, les mesures américaines pourraient ne pas entraîner des conséquences visibles immédiatement. Mais ne serait-ce que du côté des exportations chinoises, celles-ci ont déjà ralenti en janvier et février à un niveau plus marqué que prévu, à 2,3 % sur un an, contre 10,7 % en décembre.
D'autant qu'à cela s'ajoutent les difficultés rencontrées par les autorités chinoises dans leur tentative de stabiliser l'économie du pays, marquée par une consommation morose, une crise persistante du secteur immobilier ou encore un taux de chômage élevé chez les jeunes.
En témoignent les échanges lors des « Deux Sessions », le principal événement politique de l'année en Chine qui se tient actuellement, agrégeant dans la capitale des milliers de délégués venus de tout le pays. Lors d'un discours face à eux mercredi, le Premier ministre Li Qiang a dévoilé la stratégie du gouvernement en matière économique pour 2025, mentionnant un « environnement externe de plus en plus complexe ».
Li Qiang a également dévoilé un objectif de croissance d'« environ 5 % », le même qu'en 2024. Mais de nombreux économistes considèrent que cet horizon reste ambitieux au regard des difficultés que connaît la Chine sur le plan économique.
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« Toutefois, étant donné les vents contraires » à l'œuvre de manière générale, « nous ne sommes pas encore convaincus qu'un soutien fiscal sera suffisant pour aboutir à davantage qu'un coup de pouce de courte durée », ajoute-t-il.
(Avec agences)
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