Pour ou contre : les Bourses sont-elles entrées dans un nouveau cycle baissier ? Eric Galiègue (Valquant) face à Frédéric Rollin (Pictet Asset Management)
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... t de Valquant Expertyse, et de Frédéric Rollin, stratégiste chez Pictet Asset Management.
"Les marchés ont plus peur de Powell que de Poutine" : cette formule d'un gérant résume bien le sentiment aujourd'hui des investisseurs. Le coup de froid sur les Bourses de ces deux derniers jours sur fond de ligne dure prônée par la banque centrale américaine (Fed) dans sa lutte contre l'inflation, le montre à nouveau. Et ce, alors que la perspective d'un long conflit en Ukraine avait plutôt laissé jusqu'ici de marbre les marchés actions.
Il est vrai que, traditionnellement, les marchés actions ne sont guère troublés par les crises géopolitiques, même les plus graves. Après un épisode de forte volatilité plus ou moins long, ils retrouvent leur trajectoire d'avant-crise. La guerre en Ukraine est un nouvel exemple. Plus d'un mois après l'invasion du pays par les troupes russes, et avant la publication ce mercredi du compte rendu de la réunion des banquiers centraux de la Fed, confirmant l'accélération du rythme des hausses des taux et d'une réduction de son bilan, les Bourses avaient finalement pas trop mal encaissé le choc de l'agression russe.
Le CAC avait même repris presque 10 % sur le mois de mars pour flirter à nouveau avec les 6.700 point, soit un recul de moins de 7% depuis le début de l'année. Les analystes et les entreprises tardent même à revoir à la baisse leurs prévisions pour 2022, rendant ainsi presque attractif le marché actions, désormais valorisé entre 13 et 14 fois les bénéfices estimés pour cette année. Et puis, qui se risquerait d'aller chercher du risque sur les marchés obligataires, frappés de plein fouet par la hausse des taux?
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Si les grands gestionnaires d'actifs, prudents par nature, commencent à réduire l'exposition de leurs portefeuilles aux actions, à neutre ou légèrement sous-pondérer, ce n'est pas non plus la grande panique (ni d'ailleurs sur les marchés obligataires), loin s'en faut. La confiance sur la solidité des résultats est toujours là, même si une nouvelle correction des marchés ne peut être exclue. Elle est même parfois attendue par les investisseurs pour revenir sur les actions à meilleur prix et reprendre du risque.