La Banque centrale européenne (BCE) a indiqué ce jeudi vouloir cesser son programme de rachats de titres obligataires au troisième trimestre. Elle considère qu'il s'agit de commencer à normaliser sa politique monétaire face à une inflation qui poursuit sa hausse, et que le conflit en Ukraine va alimenter. Des annonces qui ont fait chuter les Bourses européennes.Visiblement, la guerre en Ukraine déclenchée par l'invasion de l'armée russe et son impact notamment économique sur l'ensemble de l'Europe n'a pas empêché la Banque centrale européenne (BCE) d'annoncer ce jeudi un resserrement de sa politique monétaire. Celui-ci va prendre la forme d'un arrêt de son programme de rachats d'obligations au troisième trimestre, première étape d'une normalisation de sa politique monétaire et de fin de sa politique de soutien à l'économie de la zone euro.
Plus précisément, les achats réalisés dans le cadre du Programme d'achats d'urgence face à la pandémie (PEPP), lancé en mars 2020 et doté de 1.850 milliards d'euros, sera stoppé définitivement fin mars. Et si le programme APP, plus ancien et aux conditions moins souples, prendra le relais, ses achats seront réduits plus vite que prévu : de 40 milliards d'euros en avril, ils reviendront à 30 milliards en mai et 20 milliards en juin. Auparavant, la BCE prévoyait des achats mensuels de 40 milliards d'euros au deuxième trimestre, 30 milliards au troisième et 20 milliards au quatrième.
En réponse à cette position moins accommodante qu'espéré, optant pour une flexibilité prudente dans un contexte de conflit en Ukraine, les Bourses européennes ont fini dans le rouge. Les indices ont terminé en fort recul à Paris (-2,83%), Francfort (-2,93%), Milan (-4,20%) alors que les investisseurs s'attendaient à un ton plus souple de la BCE. Londres a terminé en baisse de 1,54%.
"Une erreur qui risque d'être coûteuse"
"L'ensemble est indiscutablement plus sévère qu'envisagé, propulsant l'euro et les taux futurs bien au-dessus de leur niveau de ces derniers jours. Cette décision, assez largement incompréhensible, dans le contexte en présence, est très mal venue. Susceptible, en particulier, de créer les conditions d'une rapide remontée des taux et d'un net regain d'inquiétude sur les perspectives souveraines, avec à la clé des tensions très probables des spreads (écarts) de taux. Les 10 ans italiens s'envolent en l'occurrence de 23 points de base (pb) depuis la publication du communiqué et les français de 19 pb, contre une hausse de 8 pb du Bund. Une fois encore, la BCE semble commettre une erreur qui risque fort d'être coûteuse", juge l'économiste Véronique Riches-Flores.