Uber a perdu 20 milliards de dollars sur les marchés

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(Crédits : Jeenah Moon)
La brusque sortie de route du géant américain Uber qui abandonnait 11% lundi à l'occasion de sa deuxième séance à Wall Street après avoir chuté de 7,6% vendredi, reflétait les nombreuses incertitudes entourant son modèle financier.

En l'espace de deux séances, le groupe qui espérait il y a un mois seulement valoir 100 milliards de dollars pour ses débuts sur les marchés, a effacé 20 milliards de dollars de valeur boursière. Uber, qui perdait lundi 11,26% à 36,88 dollars vers 17H05 GMT, ne valait plus que 62,1 milliards de dollars, en cours de séance.

Après Lyft, le "flop" de Uber sur les marchés

Cette entrée en Bourse a été un "flop", a asséné lundi Nicholas Colas, co-fondateur du cabinet de recherche financière DataTrek, relayant un sentiment assez partagé à Wall Street.

Dans un marché déjà fragilisé par la forte montée des tensions commerciales entre Pékin et Washington, l'onde de choc Uber faisait en outre une victime collatérale déjà bien éprouvée, Lyft perdant 6,5% après avoir déjà abandonné 7,4% vendredi. Depuis son introduction en Bourse le 29 mars, le grand rival d'Uber a vu partir en fumée le tiers de sa valeur boursière.

"L'entrée en Bourse d'Uber a été une pilule amère à avaler et a montré que les marchés financiers font en fin de compte peu confiance à ce genre d'entreprises perdant beaucoup d'argent", a affirmé Nicholas Colas. "La raison est que leurs besoins en capitaux sont extrêmement imprévisibles", a-t-il ajouté.

Lyft vs Uber, la "lutte à mort"

Dans les documents boursiers publiés récemment, Uber avançait une prévision de chiffre d'affaires d'environ 3 milliards de dollars au premier trimestre 2019 et une perte proche de 1 milliard de dollars.

"Le problème n'est pas qu'Uber et Lyft sont de mauvaises entreprises", ont observé quant à eux les analystes de Radio Free Mobile. "Le problème est qu'elles sont engagées dans une lutte à mort pour devenir la plate-forme dominante du secteur".

Ces deux entreprises qui détiennent à elles seules la quasi-totalité du marché de la mise en relation entre chauffeurs et particuliers aux États-Unis inondent leur clientèle de promotions diverses. Cette fuite en avant financière, qui a pour seul objectif la conservation de leurs parts de marché, se fait au prix de leur rentabilité.

Mais la chute d'Uber surprend dans la mesure où le groupe basé à San Francisco, en Californie, avait déjà revu ses ambitions à la baisse en amont de son arrivée vendredi sur le New York Stock Exchange, échaudé par la déconvenue boursière de Lyft il y a six semaines.

Le patron de l'entreprise, Dara Khosrowshahi, a notamment affirmé vendredi vouloir "des investisseurs qui parient sur le long terme" sur la chaîne de télévision CNBC.

L'hémorragie boursière de Lyft et Uber pose désormais la question de leur avenir en Bourse.

"Jusqu'au moment où leur bataille sera terminée, il y a très peu de raison d'investir dans une de ces deux entreprises. Tant qu'ils continueront à réduire leurs prix et à offrir des incitations aux chauffeurs, ces éléments nuiront à leur rentabilité", ont affirmé les analystes de Radio Free Mobile.

De nombreuses incertitudes planent également sur l'activité d'Uber, les menaces légales et réglementaires à travers le monde, et les chauffeurs qui se sont mis en grève et ont manifesté dans plusieurs villes américaines la semaine dernière.

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