Bornes pour véhicules électriques, vers un nouveau Minitel français ?

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
Initiée sur le papier, en 2005, à partir d'une idée de recharge rapide de véhicules électriques, l'aventure de la société EVtronic a véritablement commencé en 2007 avec la création d'une borne de 35kW, capable de recharger en 30 minutes tous les véhicules de première génération. Dès lors, EVtronic n'a eu de cesse d'innover dans ce domaine. Une stratégie qui lui a permis de prendre des positions sur ce marché concurrentiel et de franchir une étape importante en 2014 avec le doublement, pour répondre aux commandes, de sa capacité de production avec la création d'une usine de 800 m2 située à Pessac.
Une étape seulement dans la vie industrielle d'EVtronic car, au gré des contrats d'équipement signés, comme le corridor portant sur 54 bornes dans la vallée du Rhône pour le compte de la Compagnie nationale du Rhône, l'usine actuelle, qui emploie 30 personnes, techniciens et ingénieurs, va nécessiter un agrandissement et s'installer sur un site neuf et dimensionné pour permettre les développements des chargeurs de demain.
A priori, Eric Stempin, créateur et dirigeant d'EVtronic, n'a pas de raison d'être sous tension quand il s'agit d'évoquer l'avenir de sa société. S'il s'inquiète néanmoins, c'est pour l'ensemble de la filière véhicule électrique.
Dans son viseur : des bornes 22 kW AC certes moins onéreuses que les siennes, mais qui ont le fâcheux désavantage de ne recharger qu'en 1 heure à peine plus de la moitié des véhicules électriques circulant sur nos routes, et d'offrir une charge en 4 à 8 heures pour les autres utilisateurs de véhicules électriques.
En clair, la Renault Zoe peut se recharger de manière accélérée sur une borne 22 kW AC... mais elle est quasiment la seule du marché pourtant ultra dominé, à ce jour, et partout dans le monde, par la Nissan Leaf.
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Outre le décalage technologique et donc commercial qui pourrait subvenir avec le déploiement de bornes adaptées, pour la recharge rapide, à un pourcentage modeste de véhicules électriques, la question même du gaspillage d'argent public pour des bornes inadaptées, pourrait aussi se poser à terme. Gare aux courts-circuits.
Pascal Rabiller
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