Comment le Bordelais Arkhênum diversifie son activité de numérisation patrimoniale

Pierre Cheminade

Arkhênum
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C'est au sein des nouveaux locaux de 900 m2 sur la rive droite de Bordeaux que Laurent Onainty présente la nouvelle stratégie de diversification initiée par Arkhênum depuis deux ans. L'actuel directeur général connaît mieux que personne cette entreprise spécialisée dans la numérisation et la valorisation de documents : il en a été le premier salarié à sa création en 1999, à Caudéran, avant d'en gravir tous les échelons jusqu'à la direction. Fondée par deux anciens commerciaux de Xerox et née au sein des locaux d'I2S, Arkhênum s'adressait à un marché encore naissant à la fin des années 1990 :
Depuis la TPE a bien grandi pour devenir une PME de 60 salariés répartis entre le siège de Bordeaux, des locaux à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) et des implantations chez ses clients. Environ huit millions de pages sont numérisées chaque année à l'aide de quelque 40 scanners capables d'appréhender tous les formats ou presque. Une tâche effectuée manuellement dans 90 % des cas puisqu'il s'agit bien souvent de documents anciens, voire très anciens... jusqu'à un parchemin du VIIIe siècle !
40 scanners sont utilisée par les équipes d'Arkhênum pour numériser des documents de toutes tailles (Crédits : Arkhênum).
Arkhênum dispose ainsi de 300 terra-octets de données en stock : manuscrits, cartes, livres, registres, plans, photographies. L'entreprise a été rachetée en janvier 2016 par le groupe Mobilitas, spécialiste de la logistique (AGS, Les Déménageurs bretons), qui affiche 3.400 salariés pour 300 M€ de chiffre d'affaires et s'appuie sur une forte présence en Afrique.
Le modèle économique d'Arkhenum s'est construit sur une clientèle à 95 % publique, qu'il s'agisse des archives des collectivités locales ou de celles des musées publics. Une force qui s'est peu à peu transformée en faiblesse au fil des ans et de la raréfaction des finances publiques, explique Laurent Onainty :
En clair, Arkhênum a été contrainte de monter en gamme pour conserver ses marges et diversifier son portefeuille clients, notamment face à la concurrence des scanners automatiques. "Nous proposons désormais des prestations d'audit par nos archivistes confirmés pour mettre en valeur le patrimoine de certaines grandes entreprises et identifier leurs pépites patrimoniales. Il s'agit en général de très grands groupes : laboratoires pharmaceutiques, constructeurs automobiles, marques de luxe, châteaux bordelais, marques de spiritueux, etc...", poursuit le directeur général.
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Cela passe par les logiciels de valorisation "Limb Gallery", développé par I2S, et E-archives, conçu en interne, mais aussi par une démultiplication des possibilités d'archivage numérique : microfilms, cassettes vidéos et même le scan d'objet en 3D à 360 degrés, pour des bouteilles de vins par exemple. Résultat de ce virage stratégique : en deux ans, la part des marchés publics dans l'activité d'Arkhênum a été ramenée autour de 70 %.
L'autre chantier est le développement à l'international en s'appuyant notamment sur le réseau de Mobilitas qui est implanté dans les 54 pays d'Afrique. Arkhênum a aussi décroché début 2018 un très beau contrat auprès d'une organisation internationale installée en Suisse pour un montant de 5 M$ sur quatre ans, nécessitant la mobilisation de huit salariés sur site.
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Forte de cette diversification, la PME bordelaise a enregistré l'an dernier un chiffre d'affaires de 3,6 M€ de chiffre d'affaires et vise les 4 M€ en 2018. Après 200.000 € d'investissement dans les nouveaux locaux et dans huit nouveaux scanners, Arkhênum peut aborde l'avenir plus sereinement. Aucun recrutement n'est programmé pour l'instant après les embauches de début 2018 liés au contrat suisse mais l'entreprise indique être toujours intéressée par des profils qualifiés d'archivistes, photographes, documentaires ou bibliothécaires. "C'est aussi pour cela que nous avons déménagé. Nous avons de l'espace pour continuer à grandir", sourit le directeur général.
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