Web Report, 20 ans à scruter le web

Mikaël Lozano

Benjamin Rosoor, fondateur de Web Report
Web Report

Mikaël Lozano

Benjamin Rosoor, fondateur de Web Report
Web Report
Benjamin Rosoor, ancien journaliste de RMC, était parti de l'idée, novatrice pour l'époque, que les pages web devaient être réactualisées régulièrement. "Peu de collectivités et d'entreprises avaient leur propre site. Elles pensaient encore moins à les réactualiser", se remémore-t-il. "C'est Jean-François Faure (aujourd'hui patron d'Aucoffre.com et de Veracash, NDLR) qui a été notre premier client avec Sam-mag.com, un magazine en ligne sur l'actualité du référencement, fondé en même temps que le Journal du net." Cette publication n'a pas eu le destin national du Journal du net, pas plus que Web Report n'a eu la trajectoire de La Mine, confrère de communication éditoriale aujourd'hui intégré dans un grand groupe. "Question de tournants, peut-être de tempérance et de modération bordelaise", sourit Benjamin Rosoor. Qui constate toutefois que l'entrepreneur du bord de Garonne est désormais moins pris de haut :
Produisant du contenu pour les sites web, Web Report a progressivement élargi son activité avec la gestion et la modération des forums, ancêtres des réseaux sociaux.
Pour l'entrepreneur, qui dit avoir "appris son métier" de patron au Centre des jeunes dirigeants, les réseaux sociaux ont entraîné une véritable bascule :
Monté à 12 personnes, l'effectif de Web Report est aujourd'hui stabilisé à 5. L'activité de l'agence se répartir à parts à peu près égales entre la production de contenu éditorial, le community management et la gestion de réputation qui réunit les deux disciplines précédentes. Benjamin Rosoor ambitionne notamment de se développer en direction des franchises, "qui ont de véritables enjeux autour de leur réputation. Un indépendant au fin fond du Gers, s'il travaille mal, peut très bien entacher la réputation de tout le réseau." Une marque spécifique, "Digital franchise", a été créée pour ce segment d'activité. Benjamin Rosoor repère également quelques signaux faibles : "Google est en train de passer d'un moteur de recherche à un moteur de réponses. De plus en plus, il faudra décrire le produit de l'entreprise et expliquer à quoi il sert. Dans le même temps, il faudra que l'aspect communautés et réseaux sociaux arrive à une certaine maturité."
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Parallèlement, le dirigeant poursuit Transmitio, autre aventure entrepreneuriale qui propose une solution permettant de gérer les codes et identifiants essentiels à l'activité des entreprises. Ces derniers donnent accès aux fichiers clients, à la facturation et à toute une litanie d'informations sensibles. Mais un décès, une incapacité ou un licenciement par exemple peuvent compromettre ces codes et identifiants. L'exemple le plus frappant récemment étant le décès d'un entrepreneur dans les cryptomonnaies qui a emporté dans la tombe la clé d'accès aux avoirs de milliers d'utilisateurs de son service QuadrigaCX, bloquant ainsi l'équivalent de 180 millions d'euros... Le danger de la perte de ces mots de passe est largement minoré par les entreprises... alors qu'elles sont de plus en plus digitales. Transmitio travaille actuellement sur un dispositif qui permettrait de manière sécurisée à un utilisateur de nommer des tiers de confiance donc l'action "libèrerait" automatiquement les mots de passe et identifiants lorsque certains critères seraient remplis (lorsqu'ils confirmeraient le décès d'un proche par exemple). Le système, très proche d'un smart contract, appuyé sur un protocole blockchain donc, est en cours de prototypage.
Mikaël Lozano
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